Non, il ne peut révéler les termes de la décision du tribunal d’arbitrage de Singapour dans l’affaire Betamax. La State Trading Corporation (STC), indique Ravi Yerrigadoo, est tenue par une clause de confidentialité détaillée dans les procédures de cette institution.

L’Attorney General a aussi refusé de confirmer si l’Etat est allé contre l’avis du Solicitor General en décidant de résilier le contrat de Betamax pour le transport de carburants. «Je ne donnerai aucun détail des avis légaux fournis par quiconque du State Law Office», a indiqué à plusieurs reprises Yerrigadoo.

Sa position s’explique, dit-il, par le fait que les avis légaux sont protégés par le secret professionnel et les officiers du State Law Office sont soumis à l’Official Secrets Act. Xavier Duval aussi, a-t-il rappelé au leader de l’opposition à plusieurs reprises, lui enjoignant de faire attention à sa «mise en garde».

«Qu’arrive-t-il si un ancien membre du gouvernement révèle, sous couvert de l’immunité parlementaire, ce qu’il a appris ?» interroge l’Attorney General.

Yerrigadoo précise, cependant, que son prédécesseur à ce poste s’était prononcé contre l’allocation du contrat à Betamax. L’actuel Attorney General en a largement rappelé les termes, qu’il insiste étaient «défavorables» à la STC et coûté entre Rs 1,6 million et Rs 1,9 million de surplus à l’Etat.

Les économies réalisées de février 2015 à mai de cette année s’élèvent, selon Yerrigadoo, à quelque Rs 580 millions. D’ici juillet, ce montant devrait augmenter par Rs 42 millions, a-t-il ajouté.

Des chiffres que conteste Xavier Duval, qui maintient que l’Etat n’a pas même économisé «10 sous» depuis la résiliation du contrat de Betamax. Et «qu’à [son] avis, Betamax aurait été moins cher».

Duval a demandé confirmation que Betamax n’a reçu ni mise en demeure, ni avertissement. Egratignant Yerrigadoo, au passage, qui «désinforme le public» sur les événements ayant mené à la résiliation du contrat.

L’Attorney General a insisté qu’un comité ministériel s’est penché sur le sujet. Yerrigadoo n’a pas manqué de souligner que Roshi Bhadain en faisait partie. «Il pourra vous confirmer la teneur des [trois] réunions» qu’il y a eues avec Betamax», a-t-il lancé au leader de l’opposition.

Ne se laissant pas démonter, Duval poursuit ses attaques contre Yerrigadoo, affirmant qu’il «a mal informé le Cabinet» en soutenant que Betamax ne souhaitait pas négocier alors que c’est le comité ministériel qui a décidé de rompre le contrat. Ajoutant : «Il y aura une enquête là-dessus un jour, et vous devrez répondre !»

«Les menaces du leader de l’opposition ne me font pas peur», a raillé Yerrigadoo. Qui renvoie Duval, qui cherche confirmation que «quatre, cinq ministres» ont tenté de négocier avec Betamax, au comité ministériel.

A la requête de Duval, Yerrigadoo s’est engagé à soumettre les documents demandés.

Le leader de l’opposition a aussi exigé l’introduction d’une loi rendant les ministres financièrement responsables de décisions désastreuses prises délibérément. «Etonnant que le leader de l’opposition se fasse l’écho, (…) le porte-voix de Navin Ramgoolam !» s’est exclamé Yerrigadoo à la fin de cette Private Notice Question, ce lundi 19 juin.

Le leader du PMSD s’est, à l’annonce de la décision du tribunal, désolidarisé du gouvernement, dont il faisait alors partie et qui avait choisi de mettre fin au contrat liant Betamax à la State Trading Corporation. Arguant qu’il avait tenté, en vain, de convaincre ses collègues ministres de ne pas s’engager dans cette voie.

Sir Anerood Jugnauth l’avait vertement repris, la semaine dernière lors des débats budgétaires. Lui signifiant qu’il ne pouvait maintenant fuir ses responsabilités passées.

Lire la réponse écrite de Ravi Yerrigadoo ici.