Le «reward money» décaissé par la police dans le cadre de la saisie des 135 kilos d’héroïne – ramené à 118 kilos – de Navind Kistnah en mars 2017 fera l’objet d’une enquête. L’argent a été distribué par l’Anti-Drug and Smuggling (ADSU) et le service de renseignements de la prison – présenté comme étant celui qui a obtenu des informations quant à l’arrivée de ce stock évalué à Rs 1,7 milliard – n’a rien touché.

Des allégations concernant le paiement de cette récompense ont été faites auprès d’une agence gouvernementale, entre autres. Des questions sont posées sur la différence de poids de la drogue saisie et sur la répartition du «reward money». Le mécanisme derrière ce paiement a déjà été mis à l’index dans le rapport de la commission d’enquête sur les drogues présidée par l’ex-juge Paul Lam Shang Leen.

Le paiement de cette récompense serait l’une des raisons pourquoi les services de douane de la Mauritius Revenue Authority (MRA) ne collaborent pas pleinement avec l’ADSU. Aux Casernes centrales, on explique que seul le directeur de la brigade antidrogue est au courant du montant distribué entre ses officiers impliqués dans l’opération ayant mené à la saisie de l’héroïne importée d’Afrique du Sud. Et que c’est l’équipe de renseignements de l’ADSU qui a levé le lièvre sur cette affaire.

Cette position n’est toutefois pas partagée par l’administration carcérale. Le service de renseignements de la prison a non seulement donné un coup de main à la brigade antidrogue, souligne un haut-gradé du Mauritius Prison Service, mais il a aussi collaboré avec la Commission d’enquête. C’est notamment grâce aux détails qu’il a fournis que des hommes de main de certains caïds emprisonnés ont été auditionnés.

Cette unité, dont les membres ont récemment fait l’objet de transferts, est aussi parvenue à mettre la main sur l’agenda du trafiquant Peroomal Veeren et de son répertoire téléphonique. Paul Lam Shang Leen mentionne l’agenda dans son rapport et l’Independent Commission against Corruption (ICAC) procède toujours à des enquêtes pour identifier les noms qui y sont cités.