Un des journaux du dimanche publie la photo d’un agresseur sexuel présumé, sourire aux lèvres.

Plusieurs accusations ont été portées contre lui.

Ses nièces il y a quelques années. Cette fois, un enfant de 8 ans.

Ses propos relatés interpellent. Notamment la toute-puissance qui s’en dégage.

Il clame son innocence. Fait plus que courant chez les pédophiles. Qui parfois, malgré la prison et les preuves matérielles, continuent de nier plusieurs années après les agressions, selon les professionnels travaillant avec les agresseurs sexuels.

Selon Manciaux et Gabel (2002), le pédophile manipule. Souvent justifie ses actes d’agression. Ne les critique pas. A peu, voire pas d’empathie et ressent souvent la condamnation comme une injustice.

Le Dictionnaire de psychologie (Larousse, 1999) définit la pédophilie comme un « trouble présenté par des adultes (hommes et femmes) cherchant à obtenir une excitation sexuelle en ayant des relations, le plus souvent des attouchements, avec des enfants prépubères, ou en s’imaginant ces relations ».

Leur but : être sexuellement stimulés.

Les enfants pubères aussi peuvent être victimes.

Pour Dr Roland Coutenceau, psychiatre : « Est considéré comme pédophile celui (ou celle) qui éprouve une excitation sexuelle pour un corps d’enfant prépubère. On peut donc être pédophile sans être passé à l’acte. » (2010)

Dr Françoise Capparos, psychiatre responsable du Centre de ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles à La Réunion, élabore sur les auteurs d’agression sexuelle en novembre 2012.

Elle parle de polymorphisme des personnalités des agresseurs. Chaque agresseur a sa logique personnelle. Il n’y a pas de profil type de pédophile.

Les personnalités varient du :

–  « dominant » (qu’on appelait anciennement ‘pervers’) qui exerce emprise, pouvoir, contrôle sur la personne victime, considérée comme objet de jouissance.

– à  l’individu immature, mal à l’aise avec les adultes,  inhibé sur le plan affectif et sexuel v/s adultes (Royer dans Manciaux et al, 2002). L’agression sexuelle est, pour lui, un passage à l’acte apaisant.

Emprise, manipulation, pouvoir, autorité abusive, chantage affectif, menaces ont une place importante dans le fonctionnement des agresseurs sexuels. « Les manipulations sont plus ou moins subtiles : il écoute, il dialogue, il fait parler, il trouve la faille. Le pédophile a le nez pour trouver la proie idéale. » (Coutenceau, 2010).

Les pédophiles, hommes et femmes, sont de tous les milieux sociaux, de toutes les catégories socioprofessionnelles. Certains pédophiles choisissent un métier ou activité les mettant en contact avec des enfants : religieux, chefs scouts, enseignants, moniteurs de sport, etc. Entre 2 % et 10 % des pédophiles seraient des femmes (Bourge, J.-R. en 2011). Ces cas sont plus rarement dénoncés et effectués souvent lors les soins dans la petite enfance.

Méfiez-vous des pédophiles qui sont passés à l’acte et qui nient leurs actes. Ou disent que c’était un dérapage. Que ce n’est arrivé qu’une fois. Qu’ils avaient trop bu. Ou qui promettent qu’ils ne vont plus jamais recommencer. C’est loin d’être la vérité !

Qu’est-ce qui fait qu’une personne devient pédophile ?

On ne naît pas pédophile.

  • Les maladies mentales sont en cause dans 4 % à 10 % des délits sexuels. (Thibaut, 2008 et Kempe & Kempe, 1978). Notamment chez la femme pédophile.
  • De graves traumatismes dans l’enfance,  créant des défaillances dans la construction de la personnalité et des repères de l’individu, sont à l’origine de la majorité des pédophilies.

– Des abus sexuels : entre 30 % et 60 % des pédophiles en ont été victimes dans l’enfance et n’ont pas été aidés, crus et protégés. Et n’ont pas eu de ressources positives intérieures et/ou environnantes pour aller au-delà du traumatisme subi.

– Des carences affectives graves : manque d’amour, enfant non désiré et ayant manqué de soins et d’amour.

– De la maltraitance et mauvais traitements.

D’où la nécessité d’encadrer correctement tout enfant qui a été ou est victime de violence physique, psychologique ou sexuelle.

Ayant des défaillances dans la construction de leur personnalité et repères, on peut aisément comprendre l’insistance des recherches mentionnant qu’un pédophile qui est passé à l’acte continue d’agresser. A moins qu’il ne soit emprisonné ET qu’il bénéficie d’un suivi thérapeutique de qualité ET qu’il soit, avec son consentement, chimiquement castré.

Un pédophile en liberté, qui est déjà passé à l’acte, représente un danger pour les enfants l’environnant.