Pour juger de l’ampleur des affrontements en cours en Ukraine, ce photo montage. A gauche, la Place de l’Indépendance (ou Maïdan), en septembre 2009. A droite, ce même lieu emblématique de Kiev hier matin, devenu l’épicentre d’une crise politique.

A Maïdan, depuis que la violence a éclaté mardi, au moins 26 morts, dont 10 policiers, et des centaines de blessés sont à déplorer. De nouveaux affrontements ont éclaté dans d’autres parties de la capitale.

Non, ce pays d’Europe de l’Est n’est pas en guerre. Mais alors que les heurts qui ont secoué la capitale trouvent écho ailleurs dans le pays, l’ombre d’une guerre civile n’est pas à écarter. En effet, les forces de sécurité ukrainiennes ont lancé une « opération antiterroriste » à travers le territoire, des incidents ont été signalés dans les villes de Ternopil et Ivano-Frankivsk. Tandis que l’assemblée régionale de la ville de Lviv – à quelque 300 km à l’ouest de Kiev – a annoncé son autonomie politique du gouvernement central.

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Hier, les manifestants anti-gouvernement étaient toujours présents sur les barricades à Kiev. (Photo : Louisa Gouliamaki/AFP via Francetvinfo.fr)

Pour comprendre la crise qui secoue cet ancien Etat soviétique, il faut remonter à novembre dernier. Quand le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a renoncé à signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), pour se rapprocher de la Russie. Des citoyens mécontents sont alors descendus dans les rues. Occupant Maïdan et tenant tête à la police anti-émeutes (soutenue par les Russes) et ainsi qu’aux forces de sécurité.

S’exprimant sur les affrontements à Kiev, le président Ianoukovitch accuse l’opposition de « tentative de coup d’Etat ».

Sur la scène internationale, la Russie, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères a émis un communiqué. Elle estime que les événements de Kiev sont la conséquence « directe de la politique de complaisance des hommes politiques occidentaux et des structures européennes » qui « ferment les yeux sur les actes agressifs des forces radicales en Ukraine, encourageant de fait l’escalade et les provocations envers le pouvoir légal ».

Le président américain Barack Obama condamne, pour sa part, les violences « de la manière la plus ferme qui soit ». Et lance un appel au calme et au renouement du dialogue gouvernement-opposition. L’Union européenne abonde dans le même sens, évoquant « l’usage excessif et injustifié de la force » par les autorités. Elle devrait décider aujourd’hui, lors d’une réunion d’urgence à Bruxelles, des sanctions à prendre ou non contre l’Ukraine.

[Dernière heure] Le président Viktor Ianoukovitch annonce une trêve à la suite de sa rencontre, hier, avec les leaders de l’opposition ukrainienne. Dans un communiqué, son service informe que les « parties ont déclaré la trêve et la reprise des pourparlers pour arrêter le bain de sang et stabiliser la situation ».

Source : Business Insider, Reuters, Le Monde, Libération

Photo : Flickr/Alexei Shershnyov & Reuters/Olga Yakimovich via Business Insider