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Dans la Bible, il est écrit : « Honore ton père et ta mère, comme le Seigneur ton Dieu te l’a ordonné (…) » (Deutéronome, 5.16).
Et même sans être croyant ni chrétien, ce précepte sert de guide moral à plusieurs civilisations, depuis des millénaires.
Comment un enfant imprégné de ce concept peut-il donc questionner les actes de violence éducative de ses parents, aussi violents ou irrespectueux soient-ils ?
Quid de cet enfant devenu adulte ? Lui sera-t-il possible de questionner ces actes soi-disant effectués pour son bien ou par amour ?
Alice Miller, docteure en psychologie, philosophie et sociologie, centre son ouvrage Notre corps ne ment jamais autour de ce quatrième commandement. Et elle le questionne, à juste titre.
Nous ne sommes pas obligés d’aimer nos parents. Nous ne sommes pas obligés de justifier tous leurs actes. Ni de cautionner les actes de violence auxquels ils ont eu recours.
Il est possible, voire nécessaire de critiquer les coups, les injures et les humiliations.
Goddard (2013) qualifie les maisons de « scenes of crimes » car les violences physiques et sexuelles à l’égard des enfants sont, en grande majorité, intrafamiliales. Et les agresseurs (homme ou femme) sont issus du cercle de confiance de l’enfant victime.
Les propos de (trop) nombreuses personnes dans la presse et sur les réseaux sociaux sont choquants et tristes, tant ils justifient les coups, les injures de leurs parents. En insistant que ces coups, privations étaient nécessaires pour les éduquer. Et que même s’ils ont été frappés, ils s’en sortent très bien.
Bien entendu qu’on peut se croire et se penser très bien si on n’est pas en mesure de remettre en question notre vécu, les actes de nos parents.
Or, toute forme de violence – psychologique, sexuelle, physique – a des conséquences lourdes sur toute personne qui en est victime. Qu’on veuille l’accepter ou non. De multiples recherches le montrent.
Et faute de se l’avouer, notre corps nous envoie des signaux, indiquant que quelque chose ne va pas : la maladie ou mal a dit.
Faute de reconnaître le ressenti de douleur, de souffrance, faute de mettre en mots, les maux apparaissent. Dépression, angoisses, tentatives de suicide et suicides accomplis, troubles du comportement alimentaire, manque de confiance en soi, crises de panique, altérations au cerveau, etc.
Pour Thomas d’Ansembourg (2003), avocat et psychothérapeute, les besoins essentiels à notre maintien en vie, besoins de base de tout être humain, dès les premiers temps de vie, concernent :

  • l’identité ;
  • le respect ;
  • la compréhension ;
  • la responsabilité ;
  • l’entraide ;
  • la liberté, etc.

En quoi un enfant tapé est respecté ? Il a peur de l’adulte maltraitant, est humilié, blessé physiquement et/ou psychologiquement. Et ce, quand et s’il ose questionner l’acte violent de son parent qui est supposé l’aimer et le respecter.
Vu le respect et l’amour qu’un enfant est supposé devoir à ses parents, il lui est difficile, voire impossible de penser que ses parents agissent mal en utilisant la violence. Il lui est impossible de questionner leur bonne foi, et cela peut perdurer à l’âge adulte.
Cette injonction d’aimer et de respecter ses parents est puissante et peut être dévastatrice.
Car il n’existe pas de petite claque ! Ni d’humiliation bénigne ! Et ce, même si les effets ne sont pas forcément visibles. La violence est une atteinte à la dignité, à l’intégrité de l’enfant qui en est victime.
La violence soi-disant éducative, le châtiment corporel est interdit en milieu scolaire à Maurice, même si cela n’est pas forcément respecté vu le nombre d’enfants qui doivent s’agenouiller sur des graines de filaos, qui sont attachés sur leur chaise car ils sont trop agités, ou dont l’oreille est tirée par l’enseignant, etc.
Ce type de violence devrait être interdit dans les familles, à la maison, tel que le recommande, entre autres, Dr Sharon Owen dans son rapport de 2013, Global Initiative to End Corporal Punishment of Children: Corporal punishment of children in Mauritius.
Toute forme de violence est source de souffrance. Peu importe qui y a recours.
Aucune violence n’a jamais été, ne sera jamais efficace.
Il importe de critiquer et condamner tout acte de violence.
Qu’il s’agisse de violence physique, psychologique, verbale ou sexuelle.

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