Il réfute les accusations portées contre lui. Loris Rouget, l’intermédiaire présumé du réseau réunionnais fournissant des trafiquants mauriciens en gandia en mer, a comparu devant la Chambre d’instruction de Saint-Denis, à l’île sœur, mardi 3 juillet, dans l’espoir d’être remis en liberté conditionnelle. Ce Réunionnais de 32 ans avait été interpellé en février dernier à son retour de Maurice avec 26 000 euros en liquide, soit un peu plus de Rs 1 million.

Le suspect de 32 ans, rapporte Le Quotidien de La Réunion, serait l’homme de confiance du cerveau présumé du trafic de «zamal» entre les deux îles, Laurent Mariaye. C’est le 30 avril que les autorités réunionnaises ont mis la main sur 102 kilos de gandia, dont la valeur sur le marché mauricien est estimée à Rs 51 millions, auprès d’un agriculteur dont la récolte est livrée à Sainte-Rose. Trois Mauriciens avaient été interceptés à ce port de plaisance avec Rs 600 millions d’héroïne et de gandia sur le «Sweet Love Mama» en novembre 2016.

Des pêcheurs intrigués par d’incessants va-et-vient d’embarcations en pleine nuit avaient alerté la gendarmerie. Les enquêteurs ont assisté à une première livraison de drogue en décembre dernier et décidé de ne pas intervenir afin de monter une vaste opération d’écoutes téléphoniques et de surveillance. Ils ont vite fait le lien entre Laurent Mariaye, un agent de sécurité sans histoire de 31  ans, et l’entrepreneur Loris Rouget.

Les enquêteurs ont recensé plusieurs transactions de ce type avant de passer à l’offensive. Sept personnes ont été mises en examen et cinq placées en détention provisoire. Loris Rouget a effectué plusieurs voyages à Maurice pour encaisser les revenus dérivés de ces ventes auprès d’un caïd mauricien dénommé Franklin. Ce dernier serait épaul par un skipper surnommé Nono.

«Tous les voyages que j’ai pu faire, je les ai faits avec l’argent que j’ai gagné. J’ai prêté de l’argent à Laurent Mariaye (4 000 euros, soit l’équivalent de Rs 160 000 : NdlR), ainsi qu’un fourgon, mais c’était un service rendu à un ami, c’est tout», a déclaré Loris Rouget en cour. Ce qui ne justifie pas sa détention, affirme son avocat, Me Robert Ferdinand. Mais l’argument n’a pas suffi à une libération.

Nos renseignements démontrent que Loris Rouget, un habitant de Bras-Panon, a effectué une dizaine d’aller-retour à Maurice à une fréquence de deux à trois mois depuis 2015. Il devait, entre autres, recruter des passeurs. Son dernier séjour à Maurice date du 23 avril dernier. Il est resté trois jours et a séjourné dans un établissement hôtelier de Belle-Mare. Laurent Mariaye, lui, a séjourné à Maurice en différentes occasions depuis 2014. Ce Saint-Andréen semble avoir un attachement pour un hôtel au centre de Quatre-Bornes.

Lors de son dernier voyage, Laurent Mariaye est arrivé le 24 avril, au lendemain du départ de Loris Rouget, et il est reparti après 24 heures. Tandis que l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) évalue un kilo de gandia à Rs 500 000, le réseau réunionnais privilégiait l’exportation de la partie de la plante de cannabis appelée «lake sat» qui peut valoir jusqu’à Rs 720 000 le kilo. Le procureur de Saint-Denis, Eric Tufféry, et le général Xavier Ducept, patron de la gendarmerie à La Réunion, ont confirmé avoir affaire, dans ce cas précis, à un trafic international entre Maurice et La Réunion.