Nairobi ayant tout l’air d’être le nouvel eldorado des trafiquants de drogue mauriciens, la Mauritius Revenue Authority (MRA) et l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) ont commencé à exercer une surveillance spéciale sur les vols de Kenya Airways faisant la liaison Nairobi-Plaisance depuis le mois dernier. C’est dans le cadre de cet exercice que le Sud-Africain Gareth Cruen a été intercepté au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport (SSRIA) avec 125 boulettes recelant 1,15 kilo d’héroïne estimée à Rs 17,3 millions mardi dernier. Deux jours plus tard, la prof de yoga russe Victoria Kazakova avait interpellée avec Rs 5,5 millions de haschich et du gandia dissimulés dans des boîtes de thé.

L’usage de boîte de thé pour transporter de la drogue n’est pas une nouveauté pour les autorités kenyanes : 23 kilos d’héroïne valant Rs 345 millions au Jomo Kenyatta International Airport (JKIA) il y a trois mois. Un employé de l’aéroport aurait placé la drogue sur vol de la KLM assurant la desserte vers Amsterdam. Durant le même intervalle, une Kenyane a été interpellé aux Seychelles, après être partie de ce même aéroport sur un vol d’Ethiopian Airways, avec 210 grammes de cocaïne dans ses parties intimes.

En octobre dernier, deux membres du personnel naviguant de Kenya Airways ont été arrêtés au JKIA avec plusieurs kilos d’héroïne cachés dans des boîtes de café alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer sur un vol pour Guangzhou, en Chine, avec un transit à Hanoi, au Vietnam. Les policiers les ont soumis à une fouille en s’apercevant que leurs sacs semblaient bien plus lourds qu’à l’accoutumée.

Un an plus tôt, deux autres membres d’équipage de cette compagnie aérienne ont été appréhendés avec 4 kilos d’héroïne qui devait être livré à Hong-Kong. La drogue avait déjà été placée dans l’avion. «The operation was triggered by a tip-off from friendly foreign security agencies who had observed an influx of narcotics emanating from Kenyan flights,» soulignait le quotidien kenyan The Star.

Un mois plus tard, deux de leurs collègues et un préposé aux bagages ont été pris avec 40 kilos d’héroïne au JKIA alors qu’ils allaient placer le colis sur un avion à destination de Lagos, au Nigéria. The Star explique que ce réseau de trafiquants impliquant des «in-flight attendants» de Kenya Airways et des salariés de JKIA travaillent avec un réseau mafieux nigérian acheminant quelque 50 kilos de cocaïne, d’héroïne et de mésamphétamine à travers plusieurs destinations sur une base mensuelle.

Il y a deux ans, un steward de Kenya Airways avait été entendu par les autorités kenyanes pour avoir introduit 6,19 kilos de cocaïne à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Il avait été autorisé à rentrer à Nairobi après avoir dénoncé ses complices. En février, c’est un autre membre d’équipage de cette société qui est tombé dans les filets des autorités indiennes à Mumbai : il faisait de la contrebande de 23 kilos d’or en lingot.

 

Photo: the-star.co.ke