L’hôtel The Residence Mauritius estime être dans son droit en interdisant le port du tika à ses employés. La direction «récuse tout commentaire pouvant faire accroire qu’il s’adonnerait à des pratiques discriminatoires» et ne respecterait pas les lois en vigueur.

La direction explique, dans un communiqué diffusé le 13 avril, que «le sindoor, le mangalsutra (alliance), ou le thali sont autorisés, mais pas le port du thika». Pourquoi cette exception concernant le tika ? Celui-ci est «contraire aux règles d’hygiène» dans certains départements comme en cuisine ou au restaurant, explique le management. L’interdiction à tout le personnel vise à «ne pas créer de discrimination entre les départements (indirect discrimination)», fait ressortir le communiqué.

Tout cela fait partie du code vestimentaire qui est expliqué aux employés, précise la direction. «A chaque manquement au code vestimentaire, l’employé est alerté, suite à quoi il dispose d’un délai minimum de 24 heures pour se conformer aux règlements. Un avertissement n’est servi qu’en cas de récidive de la part de l’employé», précise la direction.

Une employée de l’hôtel s’est vu infliger trois avertissements pour port du tika. Un cas qui a été référé au ministère du Travail. A la Victoria House, on insiste sur le fait que le State Law Office a donné un avis clair. Qui indique qu’interdire le port du tika est «discriminatoire» et «anticonstitutionnel».

Au vu du refus de The Residence Mauritius d’«obtempérer», le ministère a fait savoir, hier, qu’il entame des poursuites contre l’hôtel. Pour discrimination.

La police et la Commission nationale des droits humains ont également été saisies sur ce dossier, précise le ministère.

Le communiqué du ministère ayant été reçu après celui de The Residence, nous avons contacté de nouveau la direction pour un commentaire. Nous n’avons reçu aucune réponse jusqu’ici.

Photo : capture d’écran / cenizaro.com