Le Conseil des ministres a approuvé, la semaine dernière, la promulgation de regulations devant permettre la pratique d’expériences sur les animaux à Maurice. Une décision que Cruelty Free International (CFI) ne voit pas d’un bon œil.

Le Cabinet ministériel a agréé à la demande du ministère de l’Agro-industrie de promulguer les Animal Welfare (Experiment on Animals) Regulations (voir image plus bas).

Selon l’ONG qui milite pour l’interdiction de tests sur les animaux, cela portera davantage préjudice à la population de primates du pays, Maurice étant déjà un exportateur majeur de singes vers l’Europe et les Etats-Unis.

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Pour Michelle Thew, cette décision du Cabinet nuira à l’image d’« île paradisiaque » de Maurice. « Le gouvernement mauricien devrait prendre des mesures pour réduire la souffrance des singes mauriciens et non accroître en permettant la mise en place de laboratoires », s’indigne la CEO de CFI.

L’ONG craint qu’en raison d’un durcissement des règlementations au niveau de l’Union européenne quant à l’importation et l’utilisation de primates, des sociétés de recherches européennes ne tentent d’implanter leurs laboratoires dans des juridictions comme Maurice où les lois sont moins strictes.

L’organisation souligne que l’espèce que l’on retrouve à Maurice est listée dans l’Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Ce qui signifie que l’espèce pourrait être menacée si son commerce n’est pas contrôlé.

Les singes sont utilisés dans des programmes de recherche « fondamentaux », note l’ONG, dont des études sur des pathologies neurologiques, la toxicomanie ou encore de carence affective.

Cruelty Free International dénonce aussi les méthodes employées dans le cadre de ces recherches, dont l’implantation d’électrodes causant des lésions cérébrales chez les singes. Certains primates se voient injecter de produits afin de tester leur toxicité, provoquant parfois des hémorragies internes, des défaillances d’organes et le décès de ces animaux.

L’ONG questionne aussi l’application de ces résultats sur les humains. Et met en avant les différences biologiques entre humains et animaux. Mais aussi les conditions de vie artificielles de ces derniers. Ces facteurs, dit CFI, fausseraient les données et les résultats ne peuvent être appliqués aux humains sans risque. Or, des méthodes alternatives existent, fait ressortir CFI.