Elle souhaitait obtenir un diplôme en Hospitality Management. Et s’était, pour cela, inscrite dans une institution privée à Maurice. Le rêve de cette Camerounaise pourrait toutefois tourner court. Soumise à des examens médicaux à son arrivée, fin janvier, à Maurice, l’étudiante de 22 ans découvre sa séropositivité. Et risque d’être déportée. Ce qui pousse l’ONG Pils, qui l’accompagne, à monter au créneau et à se tourner vers le bureau du Premier ministre pour que la Camerounaise puisse toutefois poursuivre ses études à Maurice.

L’étudiante débarque dans l’île le 27 janvier. Conformément aux lois en vigueur, elle est soumise à des tests médicaux. Qui révèlent qu’elle est positive au VIH. La jeune femme en est informée le 5 février. Dans la foulée, soit le 19 mars, le Passport & Immigration Office la notifie que sa demande de visa étudiant est refusée et que sa déportation devrait intervenir dans les deux semaines. Pour l’ONG Pils, « cette décision des autorités mauriciennes est discriminatoire, injuste et inacceptable ».

La jeune femme, souligne l’association d’information et de lutte contre le sida, a financé ses études grâce aux économies de ses parents et à des prêts. Et est aujourd’hui « très perturbée » face à sa situation nouvelle, d’autant qu’elle est « seule et loin de sa  famille ».

Les tests médicaux, indique Pils, sont « une étape obligatoire pour l’obtention d’un permis d’étudiant sur le sol mauricien ». Et l’Immigration Act dispose qu’un ressortissant étranger porteur du VIH ne peut obtenir de permis de résidence. Or, « il a été médicalement prouvé, souligne l’ONG, qu’une personne testée positive au HIV, traitée et suivie, ne peut transmettre le virus à quelqu’un d’autre. » L’association milite depuis 2009 pour que des amendements à cette loi qu’elle estime « obsolète et inefficace » qui participe à la stigmatisation et à la discrimination dont sont victimes les séropositifs.

« Plusieurs organisations des Nations unies comme l’Organisation mondiale de la santé, le Programme commun des Nations unies sur le VIH-sida et le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, poursuit Pils, se sont fortement opposées à de telles restrictions aux voyages liées au VIH. » Et de rappeler que Maurice est signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Déclaration politique sur le VIH-sida (2006 et 2011).

Photo : www.wfp.org