Un peu de recul. C’est ce qu’il faut parfois pour comprendre une situation complexe. Or, depuis le début de la pièce de théâtre « PMSD pa kontan », tout le monde est obnubilé par des micro-événements. La déclaration à l’emporte-pièce d’un membre du bureau politique bleu ou le simple fait que Xavier Duval quitte son bureau une heure plus tôt que d’habitude sont désormais des « micro-événements » qui ont un sens politique. Chacun d’entre eux fait l’objet d’intenses spéculations, notamment dans la presse. Tout le monde participe ainsi à un jeu de dupes. Joignons-nous à la partie, en faisant semblant de croire que

L’ordre et la paix peuvent être rétablis dans le couple Navin Ramgoolam/Xavier Duval. Car Ramgoolam oublie et pardonne facilement. Tout comme il sait être un chef de guerre doux, ne tranchant jamais la tête de ceux s’étant rebellés contre lui.

Duval veut, en fait, rester au gouvernement. Parce qu’il est persuadé que n’importe quelle autre stratégie desservirait ses intérêts à court et long termes. Comme les travaillistes zélés et les militants atterrés, allons également conclure que Duval est un de ces « lay ki mor dan lalanp. » Persuadons-nous ainsi que seule une alliance avec le PTr assure la survie politique du PMSD.

Ramgoolam ne travaille pas sur un plan B, vu que la paix est revenue entre lui et son ministre des Finances. Sur le court terme, il n’a donc aucune obligation de réfléchir à ce qu’il pourrait proposer à Eric Guimbeau, Cehl Meeah et Francisco François pour un soutien tactique à sa majorité parlementaire le moment venu. Le chef des rouges n’a pas, non plus, à rouvrir les voies de communication afin de ressusciter le Remake… de 1995 avec Paul Bérenger. Que nous devons d’ailleurs croire quand il affirme « ditou, pena, pa pou ena, enn fer fout pa pou ena » au sujet d’un éventuel rapprochement PTr-MMM.

Les médias n’ont pas été utilisés pour alimenter la guerre des nerfs entre l’opposition, le PTr et le PMSD. En effet, il nous faut ne pas sourciller en voyant Paul Bérenger attaquer un journal qu’il accuse à demi-mot de faire le jeu de Ramgoolam. Pour cela, il suffit d’oublier que toutes les « nouvelles » publiées dans ce titre qui « nepli ena nanye a vwar ek le zournalism » n’ont fait que mieux provoquer la colère au sein du PMSD ou donner l’impression de son départ imminent. Puisqu’on est dupe, on ne se demandera pas à qui aurait vraiment pu profiter le(s) crime(s).

… Ramgoolam est plus que jamais le maître du jeu politique. CQFD, car après tout, il a obligé Duval à avaler son orgueil et à rester au gouvernement. Signe que le Premier ministre a le contrôle total sur les membres de sa majorité et qu’il peut donc espérer qu’aucun des siens ne sera tenté par les sirènes de l’opposition d’ici la fin de son mandat.

C’est le dialogue qui a primé, amenant Duval à rester par esprit de conciliation. Ce qui implique bien évidemment que Navin Ramgoolam n’a pas utilisé une sorte de kryptonite à l’encontre de Duval. Forçant ce dernier à choisir entre la soumission ou le suicide politique. Puisque nous sommes dupes, nous allons continuer à penser qu’un coq fier a été transformé en poulet déplumé uniquement par le savoir-faire du Premier ministre et SANS l’utilisation de la kryptonite bleue.

Circulez donc, il n’y a plus rien à voir. La kryptonite est rangée, les dupes sont, eux, toujours de sortie. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (politiques) à Maurice. Restons candides.