Mars 2012, au Sud-Soudan. Daniel Omar, 14 ans, surveille son troupeau de vaches quand une bombe explose. Il perd un bras, l’autre en partie. Conscient du fardeau qu’il serait pour sa famille, l’adolescent avoue à un journaliste de Time Magazine qui l’interviewe qu’il aurait préféré la mort.

A des milliers de kilomètres de là, à Los Angeles. Mike Ebeling, en lisant cet article, est horrifié d’apprendre le sort du jeune homme. Le co-fondateur de Not Impossible Labs met sur pied Project Daniel, sans même être sûr de retrouver Omar. En effet, l’adolescent vit dans la région entre le camp de refugiés de Yiba et les montagnes de Nuba, région que les factions guerrières et le gouvernement se disputent. Il y a aussi le risque qu’il n’accepte pas une main artificielle.

En novembre 2013, Mike Ebeling prend l’avion pour le sud du Soudan avec l’espoir de retrouver Omar. Il transporte avec lui du plastique, des câbles, des imprimantes 3D. Avec, dans l’idée, de fabriquer les différentes parties d’une prothèse, puis de les assembler.

The Guardian rapporte que si la main mécanique semble, de prime abord, hi-tech, le mécanisme est cependant plutôt simple à contrôler. Un mouvement de bras permet de bouger ses doigts. « Faire que Daniel puisse manger par lui-même après deux ans est l’un des points culminants de ma vie, de la même envergure que la naissance de mes enfants », raconte Mike Ebeling au journal anglais.

Selon un expert engagé par Not Impossible Labs, Richard van As, le prix d’une prothèse est élevé – des dizaines de milliers de dollars – à cause des brevets. Par comparaison, une prothèse fabriquée via imprimante 3D coûte à peine 100 dollars, soutient The Independent. Celle de Daniel, 60 dollars à peine.

Avant de partir, Ebeling a partagé son projet avec le médecin qui avait amputé Daniel. Il a aussi laissé au Soudan 2 imprimantes qui, grâce à une équipe de 8 personnes, produisent une prothèse par semaine. Not Impossible Labs continue l’approvisionnement en plastique.

Le Sud-Soudan compte plus de 50 000 personnes qui se sont fait amputer d’au moins un membre.