Alors qu’elle s’apprêtait à quitter le pays avec sa famille, Meriam Ibrahim a de nouveau été arrêtée. es enfants sont avec elle. La jeune femme devait embarquer pour les Etats-Unis à l’aéroport de Khartoum, hier. Son époux Daniel Wani, citoyen américain, a également été placé en détention.

La jeune femme de 27 ans avait pourtant été libérée moins de 24 heures auparavant, sur ordre de la cour d’appel. Renversant ainsi sa condamnation à mort, prononcée il y a quelques semaines, pour avoir renoncé à la religion musulmane. Meriam Ibrahim a ainsi accouché de sa fille en prison, où elle vivait dans des conditions terribles avec son fils de 20 mois. Par mesure de sécurité, Ibrahim et sa famille avaient été cachés lundi, après sa libération.

Cette fois-ci, ce n’est pas la police qui a procédé à son arrestation mais les National Intelligence and Security Services. Selon l’avocat d’Ibrahim, qui l’accompagnait à l’aéroport, plus de 40 officiers étaient présents. « Ils nous [les avocats de la famille, NdlR] ont emmenés dehors, et ils ont conduit la famille à un centre de détention du NISS. Elle n’a pas eu accès à des avocats », a déclaré Elshareef Mohammed. Qui ajoute que suite au jugement de la cour d’appel, il n’y avait aucune restriction sur les déplacements d’Ibrahim.

« Les autorités n’ont pas donné les raisons de sa détention et ils [sa famille et elle] sont retenus dans un bâtiment de la sécurité à l’aéroport », a indiqué Thabit Suliman, autre avocat d’Ibrahim.

Le gouvernement soudanais, explique une porte-parole du US State Department, a donné l’assurance que Meriam Ibrahim et sa famille étaient sains et saufs. Le ministère des Affaires étrangères soudanais a, pour sa part, indiqué que ses documents de voyage n’étaient pas en règle. Bien que citoyenne soudanaise, dit-il, elle a utilisé des documents d’urgence du Sud-Soudan avec un visa américain. A sa libération, a précisé l’officiel, elle devra se munir d’un passeport et d’un visa de sorties.

Les ambassadeurs des Etats-Unis et du Sud-Soudan ont été convoqués aujourd’hui par le ministère des Affaires étrangères soudanais dans le sillage de cette affaire.

Sources : The Guardian, BBC, Reuters via Huff Post – Photo : BBC