Meriam Ibrahim a été condamnée à mort pour apostasie. En d’autres mots, pour l’abandon de sa religion. Reconnue coupable en début de semaine, le médecin avait quatre jours pour se repentir et échapper à la peine capitale. La période « de grâce » ayant expiré, la jeune femme de 26 ans, qui est chrétienne orthodoxe, a été condamnée. Elle a déclaré au juge : « Je suis chrétienne et je n’ai jamais commis l’apostasie. »

Ibrahim, qui est enceinte de huit mois, a aussi été condamnée à recevoir 100 coups de fouet pour avoir eu des relations sexuelles avec un non-musulman. Mariés depuis 2011, son mari, catholique, et elle ont eu un enfant qui a environ 18 mois. Sauf que la loi soudanaise ne reconnaît pas cette union.

femme soudanaise

Photo (Daily Mail) : La jeune et son époux, originaire du Sud-Soudan.

A en croire les médias locaux, l’exécution de la jeune femme par pendaison devrait intervenir deux ans après qu’elle ait enfantée. Et la flagellation, lorsqu’elle se sera remise de son accouchement. Ses avocats comptent faire appel de la sentence auprès d’une juridiction supérieure.

Selon Amnesty International (AI), la condamnation de cette femme est « effroyable et répugnante ». « Le fait que cette femme a été condamnée à mort pour sa conviction religieuse et pour s’être mariée à un homme appartenant à une autre religion est épouvantable », affirme l’association qui milite pour les droits humains. AI a d’ailleurs demandé que Meriam soit relâchée immédiatement.

Au Soudan, qui a adopté la Sharia, les femmes de foi musulmane ne peuvent, contrairement aux hommes, se marier hors de leur religion. Et les enfants doivent adopter la religion du père.