L’attente n’a que trop duré. C’est le sentiment qui prévaut chez les clients de la défunte Bramer Asset Management (BAM) et du plan Super Cash Back Gold (SCBG). Deux ans, disent-ils, qu’ils attendent leurs remboursements et que le gouvernement honore ses promesses.

Ils ont donc décidé de prendre les taureaux par les cornes. Et de poursuivre l’Etat en Cour suprême. Pour réclamer, d’une part, le remboursement in toto du capital investi et, d’autre part, des dommages et intérêts «pour préjudice moral». Ils estiment que l’Etat mauricien a «détruit la valeur de leurs investissements».

Certes, des paiements ont été effectués courant 2016, selon diverses formules. Certaines familles attendent toutefois d’être remboursées, d’autres que leurs dossiers aient le feu vert de la Financial Intelligence Unit…

Les clients de BAM et de SCBG intéressés par cette démarche sont d’ailleurs invités à une rencontre explicative, ce 3 mai. Avant une réunion formelle de groupe avec les avocats.

Le cabinet retenu est «complètement apolitique», selon un communiqué publié sur la page Facebook dédiée à l’action collective. Mais il ne souhaite pas, pour l’heure, que son identité soit divulguée, précise Mavis Latchman.

La présidente de l’association des clients de BAM explique cependant que ce sera une «action légale collective». Elle n’en dira cependant pas plus, les clients étant toujours en consultation avec leurs hommes de loi. Pour l’heure, souligne-t-elle, l’important est de rallier le plus de personnes à cette action commune.

Salim Muthy coordonne, pour sa part, une autre action avec les clients de la BAM et de SCBG. Il les a d’ailleurs rencontrés, hier 1er mai, à Port-Louis. A l’agenda de cette rencontre : le vote pour entamer une grève de la faim à partir de la semaine prochaine. Des clients se sont portés volontaires, dit le travailleur social.

La grève de la faim est prévue à partir du lundi 8 mai, à 14h30. Le lieu reste toutefois à déterminer, le syndicaliste n’ayant pas obtenu une réponse définitive de la mairie de Port-Louis.

Cette action avait été prévue pour octobre dernier. Reportée faute de lieu, elle avait finalement été suspendue suite à la reprise de discussions avec Roshi Bhadain, alors ministre de la Bonne gouvernance. Mais à décembre, l’insatisfaction était toujours de mise.

Des clients s’étaient ralliés à la manifestation, il y a une dizaine de jours, qui s’étaient tenus dans la capitale.

Suivant la démission de Bhadain du gouvernement, et son accusation à l’effet que Vishnu Lutchmeenaraidoo était responsable de la chute du défunt groupe BAI, les clients de BAM et de SCBG avaient souhaité un face-à-face entre les deux hommes.

Note : L’article a été modifié car il indiquait de manière erronée que le recours légal et la grève de la faim sont deux actions de deux groupes distincts. Nous publions également plus bas les précisions de Mavis Latchman.

PRECISION

Je suis désolée pour le malentendu que je voudrais rectifier. Tout comme il n’y aura qu’une action collective légale qui sera prise par les clients de SCBG/BAML, il n’y a qu’un seul et unique groupe, à l’intérieur duquel Salim Muthy s’occupe entre autres, de la partie manifestations, grève de la faim, etc., et d’autres personnes s’occupent de la partie légale.

Je m’excuse personnellement si mes propos ont été interprétés différemment et je tiens à rassurer les clients qu’il n’y a pas de dissensions, mais que le groupe continue à lutter dans un seul but, soit que toutes les victimes puissent récupérer leurs économies.

Merci de votre compréhension.

Mavis Latchman

Photo (archives) : Des clients de SCBG et BAM réunis au centre social Marie Reine de la Paix, en juin 2016