« Cela a été une réunion positive dans l’ensemble. » S’il est trop tôt pour afficher une quelconque satisfaction, Salim Muthy n’est toutefois pas mécontent de la rencontre qu’il a eue, ainsi que d’autres clients du plan Super Cash Back Gold (SCBG) et des investisseurs de Bramer Asset Management (BAM), avec Roshi Bhadain hier.

Ce mardi 4 octobre, c’est avec le lord-maire que Salim Muthy avait rendez-vous. Afin de tenter de le convaincre de laisser les personnes que représente le travailleur social faire leur grève de la faim à la Place des droits humains. Au final, c’est le ministre des Services financiers qu’une délégation de ceux regroupés sous la bannière « Victimes nationalisation groupe BAI » a rencontré, en fin de journée.

Une rencontre inespérée, après « des mois de silence », mais qui a permis enfin, dit Muthy, d’« amorcer le dialogue » avec un ministre plus amène.

La hache de guerre avec Roshi Bhadain est-elle enterrée ? On se souvient des cris de « Bhadain vanpir ! » qui ont résonné dans la capitale, en juillet dernier, et des demandes pour une commission d’enquête sur les remboursements. Le regroupement et Salim Muthy avaient aussi demandé à rencontrer le Premier ministre, puis à ce que Pravind Jugnauth reprenne ce dossier en main. « Nou pa le lager, me trouv solision », affirme le travailleur social.

Cependant, l’entretien, à peine commencé, a failli finir en eau de boudin. En cause : l’arrivée de Varen Andee, Vikash Rampoortab et de Naushad Ali, membres du comité de soutien SCBG. Ce qui a provoqué un walk-out de Salim Muthy.

« C’est à cause d’eux que tant de gens se voient aujourd’hui pénalisés, explique Salim Muthy. Eux qui ont ‘négocié’ des formules avec les autorités sans consulter personne. Il était hors de question que l’on continue cette session de travail en leur présence. »

Quelques conciliabules, trois départs et une trentaine de minutes plus tard, les discussions reprennent au bureau des Services financiers, à Ebène. Autour de la table également, dit Muthy : Guillaume Ollivry, directeur de la Financial Intelligence Unit (FIU), et Yacoob Ramtoola, Special Administrator du groupe BAI.

Le groupe de Victimes nationalisation groupe BAI a pu faire état de ses griefs. Nommément concernant le manque de communication, que ce soit de la part du ministère que gère Bhadain, de la FIU sur le nombre de cas en suspens ou non à son niveau, ou encore du National Property Fund Ltd. Mais aussi, et surtout, des formules de paiement proposées en juin dernier, jugées injustes, voire « illégales » pour certaines.

A en croire Muthy, la FIU devrait bientôt émettre un communiqué, et le NPFL embrayer de nouveau avec les paiements non effectués jusqu’ici.

Quant aux formules de paiement, le regroupement Victimes nationalisation groupe BAI compte soumettre les siennes dans les prochains jours. Salim Muthy de rappeler, par exemple, que les personnes dont il se fait le porte-parole « ne sont pas d’accord » avec la formule de paiement/actionnariat proposé, qui demeure flou. Et que ceux qui ont reçu des debentures n’ont aucune preuve de cela, aucun debentures certificate.

L’une des propositions qui pourrait être soumise aux autorités concerne la formule d’actionnariat. Si celle-ci est maintenue, pourquoi ne pas opter pour des actions dans des entreprises performantes telles Mauritius Telecom, Sicom…) ? s’interroge le regroupement.

« Nous sommes conscients que tout le monde ne pourra être satisfait à 100%, qu’il nous faudra faire des concessions », dit Muthy. S’il espère que la situation pourra se résoudre dans le dialogue, la perspective d’actions plus musclées demeure, dit-il.

« La grève de la faim que nous devions démarrer cette semaine est suspendue, pas annulée. Attendons voir ce que donneront les négociations. »

Du reste, dit le travailleur social, il reviendra aux clients et investisseurs de se prononcer sur la marche à suivre et d’avaliser toute décision. Lors d’une assemblée générale. « Dans le consensus. Comme nous l’avons fait jusqu’ici », fait ressortir Salim Muthy.

Il sera en conférence de presse ce jeudi 6 octobre.

Photo : Des investisseurs de Bramer Asset Management lors d’une manifestation, en mai dernier.