L’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) redouble sa surveillance sur les employés de la Cargo Handling Corporation (CHCL) qui facilitent l’entrée de la drogue sur le territoire. Notamment avec la saisie de 3,38 kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 48 millions d’héroïne saisis sur deux porte-conteneurs en provenance de La Réunion et de Madagascar entre le mardi 31 décembre et le jeudi 10 janvier.

Dans les deux cas, tout laisse penser que la drogue a été embarquée dans la Grande île par un membre d’équipage et que son rôle consistait à laisser le colis dans un endroit désigné afin qu’un complice de la CHCL puisse le récupérer. Les enquêteurs de l’antidrogue avaient eu vent de la livraison de la drogue, mais le contact local ne s’est jamais pointé, sans doute alerté par le ballet de policiers.

Une première fouille à bord du Maersk Avon ayant mouillé en rade de Port-Louis le lundi 30 décembre n’a rien donné. A la seconde tentative, 1,2 kilo d’héroïne estimé à Rs 18 millions a été découvert sous une bâche sur le pont. Aucun suspect n’a été pris, mais les policiers planchent sur la liste de ceux qui ont travaillé à bord du cargo le 2 juillet dernier.

A l’époque, 4,2 kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 63 millions accolés à des traceurs GPS avaient été saisis avec des traceurs GPS alors que le navire revenait de Tamatave. La drogue avait été dissimulée dans l’une des boîtes où sont rangées les lances anti-incendie.

Le Sri-lankais Ravindu Lakma Pieris Telge, officier de quart en second, avait été appréhendé, étant absent lorsque l’équipage a été réunie pour un interrogatoire. La police le soupçonnait d’être parti livrer une partie de la drogue. Il a cependant été relâché, ayant un alibi en béton : il se trouvait en charmante compagnie à Grand-Baie.

Les enquêteurs avaient tout de même établi un lien entre les colis de juillet et la saisie d’une cargaison de Rs 560 millions de gandia, d’héroïne et de méthamphétamine sur trois Mauriciens dans la Grande île grâce à un exercice conjoint entre les douanes malgaches et mauriciennes. La drogue était également munie d’un traceur GPS similaire à ceux trouvés sur le Maersk Avon.

Pour cette seconde saisie, les membres d’équipage de nationalité indienne et philippine sont retenus dans un hôtel port-louisien dans l’attente des tests ADN menés sur le colis de drogue pour déterminer qui est celui qui l’a manipulé. C’est quasiment le même procédé auquel les enquêteurs ont eu recours vis-à-vis des 22 membres d’équipage du MV Kailas pour les 2,18 kilos d’héroïne d’une valeur de Rs 32,7 millions saisis sous le pont jeudi dernier (photo).

Si le test se révèle positif, les complices au sein de la CHCL pourront éventuellement être identifiés.