« Pour la première fois depuis l’indépendance, la Constitution reconnaît la citoyenneté dans le processus électoral et politique. » C’est ainsi que Rezistans ek Alternativ salue le vote, hier soir, de l’amendement constitutionnel qui permet à un candidat aux prochaines élections générales de ne pas déclarer son appartenance ethnique.

« Le vote de l’amendement constitutionnel est une avancée démocratique », affirme le mouvement. Qui dénonce également « la poignée de conservateurs comme le Hizbullah [le FSM, NdlR] et le PMSD « qui refusent de voir » cet amendement comme telle.

Certes, concède le mouvement, les débats parlementaires et le vote de l’amendement viennent mettre en lumière « cette contradiction qui traverse la société mauricienne et l’incapacité des partis politiques traditionnels à la dépasser ». Et l’amendement lui-même tente de concilier « deux principes contradictoires irréconciliables » : la non-classification communale d’un candidat et la représentativité des communautés au Parlement.

Rezistans ek Alternativ déplore également le fait que le Parti travailliste et le MMM aient choisi de déclarer leur appartenance ethnique « under protest » ou « pour une dernière fois ». « Zot pe rat enn moman desiziv dan listwar Moris post-indepandans », écrivent Ashok Subron (photo) et Ian Jacob dans le communiqué. D’ailleurs, poursuivent-ils, la réforme électorale que proposent ces deux partis « contient plusieurs éléments antidémocratiques ».

Rezistans ek Alternativ compte écrire à la Commission des droits humains des Nations unies, après la proclamation du Constitution (Declaration of Community) (Temporary Provisions) Act par le président de la République, pour dire si le mouvement estime que cet amendement est « une effective remedy » ou non. Il communiquera également sa position en Cour suprême le 24 juillet prochain.