Des députés de l’opposition désunis. Des juristes, députés de la majorité, n’ayant pas caché leur hostilité face à la Commission anticorruption ces dernières semaines. C’est sur ce fond que se déroulera la réunion spéciale du comité parlementaire de surveillance de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) à 13h30, ce jeudi.

Cette réunion avait été appelée une première fois, vendredi dernier, suite à la polémique autour de l’enquête sur le dossier Sun Tan Hotels que mène actuellement l’ICAC. Mais également à la suite de la démission de Shakilla Bibi Jhungeer le 14 juillet. Celle-ci a repris sa lettre de démission depuis, à la requête du Premier ministre.

Il nous revient que cette réunion sera essentiellement consacrée à l’audition de trois personnes. Soit Shakilla Bibi Jhungeer et Narainkrishna Peerun, tous deux membres à temps partiel du conseil d’administration de la Commission. Ce sera ensuite au tour de Lutchmeeparsad Aujayeb, directeur général de l’ICAC, d’être auditionné. Les membres du Parliamentary Committee prendront alors un temps de discussion pour décider de la marche à suivre.

Pour le MMM, elle est toute tracée. Déjà, samedi dernier, Paul Bérenger avait souhaité qu’Aujayeb soit suspendu de ses fonctions avant de préciser qu’il souhaite même que ce dernier quitte la direction de l’ICAC. Ce jeudi, les députés mauves du comité parlementaire diront leur souhait qu’une majorité d’entre eux actionne la procédure prévue à l’article 23 (1)b de la Prevention of Corruption Act. Celle-ci dispose : « [where] the Director-General is unable to discharge the functions of his office, whether such inability arises from infirmity of body or mind or any other cause, the Parliamentary Committee may, by the majority decision of its members, suspend the Director-General from office ».

Il y a peu de chances que Shakeel Mohamed s’aligne sur cette position toutefois. Car au Parti travailliste, on estime que le communiqué émis par Shakilla Bibi Jhungeer pourrait comporter des éléments en violation du devoir de confidentialité auquel sont astreints les employés de l’ICAC et les membres de son conseil d’administration. Elle devra donc justifier ses propos, estime-t-on au PTr. Chez les rouges, on précise également qu’on questionnera Aujayeb sur le rôle qu’auraient joué certains hommes politiques dans le cours de l’enquête sur Sun Tan Hotels.

Du côté des députés de la majorité, ce sont Maneesh Gobin, le président du comité, ainsi que Ravi Rutnah et Sanjeev Teeluckdharry qui mèneront le bal. Si le président est resté sur sa réserve jusqu’ici, les deux autres avocats du comité ont pris position de manière forte au sujet du dossier Sun Tan Hotels. Leur vote en faveur d’une suspension du directeur de l’ICAC fait ainsi peu de mystère. D’autant plus que dans les rangs de la majorité, il semblerait qu’un successeur potentiel à Lutchmeeparsad Aujayeb a déjà été identifié. Il s’agirait d’un avocat ayant récemment occupé les devants de la scène dans le cadre de l’arrestation manquée de Satyajit Boolell.

Devant les courants, parfois opposés, au sein du comité parlementaire, d’aucuns prédisent une réunion houleuse, voire un walk-out de certains membres du comité. Réponse plus tard, cet après-midi.

Photo : Certains des membres du comité parlementaire sur l’ICAC.