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Il n’est pas si facile de faire coïncider les calendriers du leader de l’opposition et du Premier ministre. Si Paul Bérenger a annoncé ce samedi, vouloir rencontrer Navin Ramgoolam rapidement, afin de discuter de sujets d’actualité et d’alliance, la rencontre au sommet n’est pas encore acquise. Pire, la non-tenue de cette réunion pourrait avoir des répercussions décisives sur l’alliance Travailliste-MMM en gestation depuis de longs mois.

Premier fautif : le calendrier des déplacements du Premier ministre. Navin Ramgoolam prend, en effet, l’avion ce vendredi ou samedi vers Harare. C’est dans la capitale du Zimbabwe que se tient le sommet des chefs d’Etats de la Southern African Development community (SADC), les dimanche 17 et lundi 18 août. A l’issue de cette rencontre, le Premier ministre pourrait enchaîner directement en se rendant à Moroni où se tient le IVe Sommet de la Commission de l’océan Indien, le 23 août. Un événement que le chef du gouvernement mauricien ne peut rater sous aucun prétexte.

En temps normal, le calendrier chargé de Navin Ramgoolam n’aurait été qu’un contretemps de plus dans les longues discussions d’alliance entre lui et Bérenger. Sauf que cette fois-ci, c’est pour le leader du MMM que le temps est compté. En effet, samedi dernier, le chef des mauves a annoncé qu’une assemblée des délégués sera appelée à se prononcer sur une alliance PTR-MMM le dimanche 31 août.

Or, si le principe de cette alliance et même ses détails ne font plus l’objet de désaccords fondamentaux entre Ramgoolam et Bérenger, les deux hommes doivent encore se rencontrer une dernière fois pour sceller le deal. Ce n’est qu’alors que Paul Bérenger et Navin Ramgoolam pourront en notifier leur instances respectives. Si l’étape de la notification n’est qu’une lettre à la poste pour le patron des rouges, il est beaucoup plus compliqué et requiert davantage de temps pour Bérenger.

En effet, la procédure veut que le leader du MMM informe son bureau politique (BP) de la conclusion des discussions avec Ramgoolam. Cette instance est alors habilitée à recommander que le comité central (CC) du parti prenne un vote sur la question. Ce n’est qu’après cette étape que l’instance de décision suprême des mauves – l’assemblée des délégués – pourra donner son aval final au deal rouge-mauve.

Toutefois, si l’assemblée des délégués doit se décider le 31 août, il est crucial que les BP et CC mauves soient en mesure de se prononcer sur l’accord PTr-MMM dans les tout prochains jours. D’où l’importance que Ramgoolam et Bérenger se rencontrent avant le départ du Premier ministre pour Harare. Mais le calendrier chargé de Ramgoolam pourrait compromettre cette réunion fatidique.

Un spectateur privilégié des négociations entre les deux hommes estime que si ce prochain rendez-vous crucial est manqué, il y a de fortes chances que Bérenger soit acculé au point de demander à son bureau politique de voter une nouvelle fin définitive des négociations PTr-MMM. Cela avait déjà été le cas le 15 juin dernier. Mais cette fois-ci, on estime que Bérenger n’aura d’autre choix que d’enterrer définitivement l’alliance PTr-MMM si jamais un nouveau sursis est accordé à l’alliance rouge-mauve.

Si la rencontre entre Ramgoolam et Bérenger a lieu, elle sera l’occasion de conclure le deal entre les deux partis. Un nouveau sursis, ou pire, l’absence de rencontre ne pourra alors conduire qu’à la rupture définitive des négociations. En attendant que l’assemblée des délégués n’en vote une troisième dans les semaines à venir ? Non, affirme-t-on dans la hiérarchie mauve. C’est la direction du MMM qui se serait lancé un ultimatum à elle-même : sceller le deal ou y renoncer. Afin de se protéger d’un retour de flamme dévastateur de sa base. Déjà mécontente de la perception que donne actuellement Bérenger de vouloir courber l’échine devant le Premier ministre.

Ramgoolam et Bérenger s’étaient rencontrés la dernière fois le 23 juillet. Officiellement, la question d’alliance n’avait pas été évoquée lors de ce tête-à-tête au Clarisse House.

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