Une enquête approfondie ainsi qu’un «audit trail» doivent être menés contre l’avocat Raouf Gulbul pour subornation de témoins et blanchiment. C’est l’une des recommandations de la Commission d’enquête sur les drogues contre l’ancien magistrat qui a fait l’objet de dénonciations de la part de deux trafiquants de drogue, de son «junior» Tisha Shamloll et de son propre neveu.

Sous la rubrique «Black Sheep», l’ex-juge Paul Lam Shang Leen et ses deux assesseurs indiquent que les relevés de la TVA de l’avocat démontrent qu’il ne peut s’offrir les propriétés qu’il a acquises. Elle se pose aussi des questions quant à une hypothétique acquisition à Londres.

Sur les cinq pages qui lui sont consacrés, la Commission indique qu’il n’y a aucun relevé téléphonique pouvant établir que l’ancien candidat du Mouvement socialiste militant (MSM) aux dernières législatives a été en contact avec des caïds emprisonnés qui sont ses clients.

Elle se demande comment l’homme de loi reçoit des instructions alors qu’il a même cessé de leur rendre visite en prison. Elle revient sur les allégations de Tisha Shamloll et de son ancien chauffeur lors de la campagne électorale qu’il a recours à des «black telephones», des appareils ne pouvant être retracés. Et estime qu’elle a viré de l’argent sur le compte du trafiquant indien Faizal Hussein sur les instructions de son «senior».

La Commission fait aussi mention des allégations de l’ex-condamné Zacharie Bottesoie et de la prisonnière Parwiza Bibi Jeeva que Me Gulbul leur a demandé de «dévire lenket» en échange d’une grosse somme d’argent afin pour ne pas impliquer les caïds Rajen Velvindron et Peroomal Veeren. Elle considère que l’avocat a manqué à l’éthique en défendant Parwiza Bibi Jeeva tout en étant l’avocat de Peroomal Veeren.

Les propos du caïd emprisonné Siddick Islam, alias Ti Nerf sont également pris en considération : il a affirmé avoir versé un total de Rs 25 millions à des avocats vers lesquels Raouf Gulbul l’a invité à se tourner. La Commission donne aussi du crédit aux allégations à l’ex-trafiquant de Subutex Sada Curpen quant au financement de la campagne de Raouf Gulbul aux dernières législatives sous la bannière de l’Alliance Lepep.

Son équipe de campagne, dirigée par Ashley Hurranghee et Samad Golamaully, se serait restauré gratuitement chez Gloria Fastfood de Shahebzada Azaree et elle a utilisé des véhicules mis à sa disposition par Khalil Ramoly, blanchisseur allégué de Siddick Islam. L’un des «tapeurs» de Raouf Gulbul serait Patrick Auguste, un homme fiché à l’ADSU.

La Commission s’interroge aussi sur le rôle de Raouf Gulbul comme président de la Gambling Regulatory Authority (GRA) sur recommandations du Conseil des ministres. Elle se demande si son «inaction» au sein de cette instance ne viserait pas à favoriser le blanchiment de l’argent sale dans le circuit hippique et des jeux de hasard.

«Je n’ai pas eu l’occasion de contre-interroger les personnes ayant fait des allégations contre moi. Est-ce que ceux qui m’accusent disent la vérité ? Je souhaite que tous ceux qui ont fait des allégations contre moi se rendent à la police pour consigner une déposition contre moi», lance Raouf Gulbul.

«La vérité sera établie quand je pourrais les contre-interroger. Dans les allégations de Bottesoie et de Jeeva, des enquêtes ont déjà été diligentées et le DPP a réclamé l’arrêt de la procédure. La Commission utilise le conditionnel. Je suis en faveur d’une enquête approfondie contre moi. Je travaille depuis 35 ans et j’ai acheté tous mes biens par chèques. J’ai produit tous les documents nécessaires.»

Extraits du Rapport Lam Shang Leen by ION News on Scribd