La violence est source de souffrance chez tout individu victime, elle crée des dégâts sur les plans physique, psychologique, social et sur la vie sexuelle.

Elle peut mener à la mort.

Plusieurs meurtres sont rapportés dans les médias ces derniers jours.

La réaction de nombreux lecteurs sur les réseaux sociaux montre une indignation et une non-acceptation de cette violence. Ce qui est positif.

Paradoxalement, la peine de mort est prônée par plusieurs !

On s’indigne donc devant la violence et la mort d’êtres humains et, en même temps, on la préconise ?

C’est un non-sens !

Certes, la colère a sa place. C’est légitime et important de refuser toute forme de violence.

Mais comment alors vouloir tuer l’auteur de ces violences ?

« Mais qu’est-ce donc que l’exécution capitale sinon le plus prémédité des meurtres », lit-on d’Albert Camus dans une campagne d’Amnesty International.

Nous sommes tous responsables d’agir contre toute forme de violence. Tous responsables de la refuser.

Quelques pistes ont déjà été partagées en février  et juillet 2014.

Certes, les parents et éducateurs font comme ils peuvent, souvent de leur mieux. Mais la méconnaissance des problématiques de violence ; définitions et conséquences ; et des méthodes alternatives aux comportements agressifs habituels freinent tout questionnement et toute évolution possible.

Dans les situations de violence, il s’agit d’agir à deux niveaux : l’intervention et la prévention.

L’intervention est primordiale pour protéger les individus en danger.

Les laisser en contact avec les auteurs de violence accroît les risques sur leur vie…

Une prise en charge sociale, psychologique, médicale et légale est nécessaire pour aider les personnes victimes.

La prévention aidera, entre autres, à comprendre l’importance d’agir et de ne donner aucune place à la violence.

La violence n’est pas une affaire de famille. C’est trop facile de se cacher derrière les « le linge sale se lave en famille » ou « mo pa rant dan zafer vwazinaz » car se taire, c’est laisser faire !

Il importera d’agir au niveau individuel, institutionnel et national.

S’indigner derrière son écran pendant quelques heures ou jours ne suffit pas.

Sur le plan individuel, il s’agira de :

  • N’accepter aucune forme de violence sur soi ou autrui.
  • Critiquer toute forme de violence lue, vue et entendue.
  • Ne pas être un témoin passif dans les situations de violence auxquelles on assiste : il est capital de l’interdire, de tenter d’intervenir auprès de ceux qui y ont recours et de leur apprendre qu’il y a des moyens appropriés pour régler des conflits dans le respect de soi, de l’autre et de l’environnement. Et avec des mots.
  • Ne pas hésiter à solliciter les autorités :
  • CDU : 113
  • Police : 148/ 208 0034/ 208 00 35
  • Ombudsperson For Children : 177
  • Family Support Bureau : 139
  • Psychologues
  • Apprendre à mettre des mots sur nos sentiments de colère, peur ou tristesse au lieu de les mettre en actes : frapper, casser, hurler.
  • Tenter au mieux d’être un exemple de non-violence. Si l’utilisation de la violence est normale dans notre milieu familial ou scolaire, les enfants grandiront avec la perception erronée qu’elle est un mode d’expression et de gestion de conflits. Il est primordial pour un parent/éducateur d’être congruent : cela n’a pas de sens de mordre ou de frapper un enfant qui vient de mordre ou de frapper un autre.
  • S’il arrive parfois qu’on agisse violemment, il est important de s’excuser.
  • Diminuer l’alcool qui est un facteur fragilisant.
  • D’informer sur les formes de violence, sur ses conséquences graves.
  • Développer ses capacités d’empathie pour bien prendre conscience de ce que l’autre ressent quand il subit coups et humiliations : honte, peur, souffrance, tristesse, etc.
  • Avoir des activités physiques et des activités d’expression (sport, théâtre, chant, danse, dessins, etc.) pour libérer ressenti et tension.
  • Apprendre à gérer sa colère, des pistes ont été partagées, des outils peuvent être développés par les parents/ éducateurs.
  • Demander de l’aide professionnelle si on y a fréquemment recours, si on sent qu’on dérape
  • Briser le silence si on est victime ou témoin.

Sur le plan institutionnel :

  • il est primordial de faire respecter la loi. La violence est interdite dans les écoles depuis 1957 ! Or, elle fait partie du quotidien de plusieurs enfants dans de nombreux établissements. Et par honte, peur du qu’en dira-t-on ou normalisation, les situations ne sont pas rapportées aux autorités.
  • Il est primordial que la direction et le staff des écoles et autres institutions interviennent, comprennent les effets négatifs de la violence. Et l’interdisent.
  • Afficher dans tous les établissements et l’appliquer : s’exprimer dans le respect de soi, de l’autre et de l’environnement
  • Il existe des programmes de prévention efficaces comme les amis de Zippy, KIVA qui aident les enfants à développer leurs habiletés sociales.
  • Il importe d’instaurer la discipline de manière non violente.
  • Insister sur l’importance de mettre en mots notre ressenti.
  • Développer l’empathie et la médiation entre pairs.

Sur le plan national, la volonté politique est essentielle :

  • Pour informer la population en faisant des campagnes de sensibilisation pensées par des professionnels.
  • Pour former les officiers impliqués dans la protection de l’enfance pour agir de manière efficace en se centrant sur l’intérêt de l’enfant.
  • Pour accompagner les parents à développer leurs habiletés parentales depuis la grossesse, de manière professionnelle et respectueuse.
  • Pour mener des recherches locales avec des solutions adaptées.

On peut tous agir.

Il s’agit de le vouloir !