Rs 19,198 millions d’honoraires. C’est ce qu’a touché Kailash Trilochun comme honoraires pour défendre les intérêts de l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) dans le cas qui l’oppose à Emtel.

Le Premier ministre a révélé cette information au Parlement ce 9 août. Devant la surprise affichée par les membres, sir Anerood Jugnauth (SAJ) s’est lui-même dit « choqué » par ce montant. « J’ai demandé des explications. »

Si l’affaire date de 1996, le cas est cependant logé en Cour suprême en 2000. Jusqu’ici, l’ICTA était défendue par le State Law Office (SLO). Celui-ci représente également le ministère de la Technologie, codéfendeur. Mais en février de cette année, le SLO a informé le régulateur que cela était « inapproprié », le ministère et le régulateur pouvant avoir des positions divergentes.

Les services de Kailash Trilochun et de l’avoué Roshan Rajroop sont alors retenus, le 19 avril, avec l’approbation du conseil d’administration de l’organisme. Rajroop touche, lui, Rs 461 150.

Kailash Trilochun s’était déjà fait remarquer plus tôt cette année, pour ses avis légaux auprès de divers organismes parapublics dont l’ICTA et la Road Development Authority.

Plus récemment, ce sont ses attaques contre le Solicitor General qui ont fait la Une, obligeant le bureau de l’Attorney General à sortir de sa réserve.

Reza Uteem fait ressortir qu’ayant rejoint la profession en 2002, Trilochun n’est même pas qualifié pour prétendre au titre de Senior Counsel, et ne peut donc prétendre à de tels honoraires. Ceux-ci, lui répond alors SAJ, couvrent également les frais de l’équipe d’avocats travaillant avec l’homme de loi sur ce cas.

Que la liste détaillée soit rendue publique, demande Veda Baloomoody. « Nous essaierons de l’avoir », répond SAJ.

Le député Rutnah fait alors remarquer que par le passé, une firme en particulier a aussi perçu des millions. « C’est possible », concède le chef du gouvernement tandis que Reza Uteem lance : « To b** to prop lider ? » Ivan Collendavelloo ne peut réprimer un petit rire.

Rajesh Bhagwan prend la relève et fait ressortir que les « Chambers » de Trilochun ne se situent pas des bureaux à proprement parler mais à son domicile. « Dan so lasam », lâche le Whip de l’opposition, un brin sarcastique.

« L’ICTA compte-t-elle payer cette somme ou le Premier ministre est-il intervenu pour stopper cela ? » a voulu savoir Shakeel Mohamed. « Elle a déjà payé », répond SAJ. « Mais le travail n’est pas encore terminé ! » s’étonne le parlementaire travailliste. Rutnah intervient à nouveau : « Tou avoka pa fini gagn fees avan ? »

Le Chief Whip a, pour sa part, suggéré qu’une limite soit imposée sur les honoraires concernant les services légaux. « Bizin ena enn limit », a opiné Mahen Jhugroo vers l’opposition. Réponse de SAJ : « Je ne sais si cela peut se faire. »