Le 9 février, Jaishree 35 ans, a été assassinée par son mari. Devant ses 2 enfants.

Ce drame se rajoute à ceux des meurtres de Selvina, Géraldine et Deepa décédées fin janvier, assassinées par leur partenaire ou ex-partenaire.

La violence n’est pas une solution. Elle est inutile. Frapper, humilier, injurier servent d’exutoire, de défoulement à ceux qui les utilisent. Jamais la violence n’a été efficace pour passer un message ou éduquer.

Elle fait peur, humilie, rabaisse.

Nous indigner est capital, certes, car la violence n’a jamais été ni normale, ni acceptable. Nous indigner en lisant le journal, derrière notre écran, en écoutant la radio ne suffit pas ! Quoi faire, au-delà du constat de cette violence quotidienne ?

De nombreuses recherches sont effectuées sur ce thème.

Quelques axes de prévention, principalement issues de la recherche sur le plan international, sont proposés :

  • Apprendre à mettre en mots ce qu’on ressent au lieu de le traduire en actes. Apprendre à dire qu’on est en colère ou triste, au lieu de frapper, crier, briser des objets. S’exprimer en respectant : soi, l’autre et  l’environnement.
  • Enseigner aux enfants en famille, à l’école, à verbaliser pensées et sentiments.
  • Etre un exemple de non-violence. Un enfant frappe sa petite sœur. Son parent lui donne une claque en disant : « Ne frappe pas ta sœur ! » Il condamne la violence en étant violent. Ceux qui disent « sa bann violer la, bizin touy zot », prônent la violence. Cela n’a aucun sens de condamner la violence si on agit  violemment !
  • Adopter (enseignants et parents) des techniques de discipline efficaces et non violentes (Webster-Stratton, 1998, 2008, Wilson, 1989).
  • Condamner la violence. Dire qu’on ne cautionne pas la violence et rire devant des sketchs où l’un assomme, dénigre l’autre. Ou la condamner et cautionner les  actions où les biens matériels d’autrui sont abîmés,  détruits. C’est n’avoir aucune crédibilité en prônant la non-violence. S’il nous arrive d’utiliser la violence, il importera de dire que ce n’était pas bien d’agir ainsi. Puis de s’excuser.

Adopter un point de vue critique sur la violence médiatique (Girandola & al, 2002) est important dans la prévention de la violence. Déjà, dans les dessins animés. Critiquer l’alien de Ben 10 qui tue l’autre.  Ou ceux qui font exploser la voiture (personnage vivant) dans Cars 2. Ou l’enfant qui manque de respect à sa mère dans Lilo et Stitch, etc.

Cela permet aux enfants de ne pas normaliser les actes de violence.

  • Il n’y a pas de petite claque. Les conséquences de la violence sont lourdes en termes de confiance en soi, d’image de soi défaillante à cause de l’humiliation subie, etc. Ces conséquences psychologiques, sociales, physiques, sexuelles, il faut les dire. La prise de conscience de la souffrance de la victime peut réduire l’éventualité d’agressions immédiates (Baron, 1994).
  • Avoir des activités de libération et de canalisation d’énergie est précieux. Activités physiques intenses (Pahlavan 2002), expression corporelle, relaxation, yoga, sortir et respirer si on est trop énervé, etc.
  • Parmi les facteurs explicatifs de la violence, on observe une défaillance des stratégies de coping et habiletés sociales.  Il s’agira de développer au niveau national des programmes efficaces pour les enfants tels que : Les amis de Zippy  (fonctionnel dans plusieurs écoles à Maurice et Rodrigues) ou KiVa.
  • Demander de l’aide (psychologique, médicale) si on a recours à la violence fréquemment comme moyen d’expression.
  • Briser la loi du silence et dénoncer la violence physique, psychologique, verbale et sexuelle permet de protéger les personnes victimes. Les protéger du milieu maltraitant, de l’agresseur.

N’oublions pas qu’il importe de protéger la victime ! Pas l’agresseur.

Les lois mauriciennes condamnent la violence, imposent de la dénoncer. La Child Protection Act (1998) stipule: « …duty for any person exercising any medical or paramedical profession or a member of the staff of a school to report cases of suspected abuse […]”. Le Criminal Code (section 39 A.2) mentionne l’importance de l’assistance à personne en danger.

Protégeons les personnes victimes. Refusons la violence.

Structures d’aide

  • Enfants : Child Development Unit. Tél. : 113
  • Couples : Family Support Bureau  ou  FPU (Police) : Tél.  FSB: 139
  • Police : 999, 208 00 34