Le deuxième tour des élections présidentielles aux Comores a eu lieu ce dimanche 10 avril. Or, quatre jours après, l’archipel ne sait toujours pas qui présidera l’Union. C’est ce que rapporte, dans son édition du jour, la Gazette des Comores. Le pays est également passé au vote, ce dimanche, pour élire les gouverneurs des différentes îles.

Les trois candidats en lice pour succéder au président Ikililou Dhoinine : Mohamed Ali Soilihi, candidat de l’UPDC, le parti au pouvoir ; Azali Assoumani, de la Convention pour le renouveau des Comores et son principal adversaire ; et Mouigni Baraka Saïd Soilihi.

Les tensions déjà constatées à Anjouan, dimanche, ne se sont pas dissipées. Les partisans des deux principaux camps sont descendus dans les rues de cette île, hier, pensant que leurs candidats respectifs étaient victorieux.

Lors d’une rencontre avec le président sortant, le 12 avril, Jean Claude de l’Estrac, secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), lui a « exprimé ses craintes d’une détérioration de la situation post-électorale », est-il indiqué dans un communiqué. Celui-ci souligne la « posture d’arbitre du Président » qui a « reçu les trois candidats pour appeler à l’apaisement ».

La mission d’observation de la COI « appelle les candidats leurs partisans à faire preuve de retenue en attendant la proclamation des résultats préliminaires officiels » par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de l’archipel.

La délégation présidée par Irfan Rahman, commissaire électoral de Maurice, réitère sa « confiance » dans les institutions comoriennes. Elle espère cependant que les « aléas et perturbations » qui ont émaillé le scrutin, le 10 avril, n’auront pas « d’impacts négatifs » sur son issue.

C’est à Anjouan que des incidents ont été déplorés, notamment dans certains centres de vote à cause de manquements dans le « niveau de sécurité », relève la mission de la COI. Celle-ci note également des conditions difficiles parfois, notamment faute d’électricité dans certains bureaux de vote de la Grande Comore, où les observateurs de la mission étaient aussi postés. Les heures de vote n’ont pas été respectées dans certains centres de vote.

Malgré ces quelques « défaillances », que souligne également la mission dépêchée par l’Organisation internationale de la francophonie, ce second tour s’est déroulé dans un « climat généralement apaisé » au Grande Comore, estime la mission de la COI.

Le premier tour avait été le théâtre de nombreux remous. Les résultats, vivement contestés, avaient finalement été validés par la Cour constitutionnelle.

La délégation dépêchée par la COI comprenait, outre Irfan Rahman, Françoise Labelle, vice-présidente du Parlement panafricain ; les députés mauriciens Salim Abbas Mamode et Joseph B. Léopold ; ainsi que les élus malgaches Victorine Raherisoa, Dimitrine Rasoanerinjatovo et Georgette Rasoarimalala.

Photo (Ibrahim Youssouf/AFP via FranceTV Info) : Des électeurs attendent à Mitsoudjé, au Grande Comore, le 10 avril 2016, pour voter.