Le recouvrement des actifs du groupe BAI est compliqué. « Ce n’est pas une vente normale », a fait ressortir Roshi Bhadain au Parlement ce matin. Cela à cause des « réalités commerciales, de la date butoir posée » mais aussi « de la douleur des personnes » touchées, a-t-il indiqué, ce mardi 3 avril, lors de la Private Notice Question du jour.

L’hôpital privé Apollo Bramwell

Où en sont les choses pour l’hôpital Apollo Bramwell ? Un temps considéré pour être un centre hospitalier universitaire, l’ex-fleuron du groupe BAI sera finalement vendu.

L’établissement relève du ministère des Finances, a fait ressortir le ministre de la Bonne gouvernance à plusieurs reprises. Il a tout de même annoncé que la signature de l’accord avec Omega Ark Healthcare Investment Ltd est prévue « avant la fin de ce mois ». L’offre de la compagnie : 60 millions de dollars américains.

Une équipe légale de ce soumissionnaire – « des Britanniques, il me semble », dit Bhadain –, est attendue cette semaine.

British American Exchange Co. Ltd

Bien que preferred bidder au départ, l’offre de Capital Sterling Investment Ltd (CSIL) a été écartée par la Banque de Maurice (BoM) le 25 mars dernier. Cela en raison de l’exercice de due diligence menée par la Banque centrale, qui vient contredire celui des administrateurs spéciaux qui n’ont rien relevé de problématique, note le ministre.

CSIL a soumis une nouvelle offre le 6 avril qui a, de nouveau, été rejetée par la BoM. Raison évoquée, souligne Bhadain : « The shareholders are not fit and proper persons. »

Des discussions sont actuellement en cours avec le second soumissionnaire, Change Express, « avec pour objectif de compléter la transaction dans un délai raisonnable avant le 30 juin 2016 ».

Prudential plc UK, comme indiqué la semaine dernière [voir p. 44 du PDF], a bien fait une offre pour le portefeuille des assurances-vie de la NIC. Aucun détail ne peut toutefois être révélé, souligne Roshi Bhadain, à cause d’une clause de confidentialité. L’offre, reçue le 24 février, est valable pendant 180 jours.

Paul Bérenger n’a pas manqué de relever le « ton très négatif » du ministre vis-à-vis de la Banque centrale. Roshi Bhadain d’expliquer qu’il n’a « pas apprécié » que la BoM rejette le preferred bidder dans le cas de BA Exchange. Ni qu’elle saisisse la Cour pour bloquer le transfert des actifs au National Property Fund Ltd. Un recours de la part de Shakeel Mohamed au nom des Rawat a aussi « empêché que l’on avance rapidement » dans ce dossier, estime Bhadain.

Bramer House et autres actifs

Pour ce qui est de la vente de Courts Ltd et Iframac, « nous travaillons avec les banques », a souligné le ministre de la Bonne gouvernance.

La Bramer House fait partie des actifs dont le recouvrement prendra du temps, a répondu Bhadain au député Sorefan. Parmi les autres propriétés, on relève Diplomat Gardens, à Curepipe, et des terrains à Plaine-Lauzun et Montebello. Les deux plus importantes sont toutefois la NIC et la MauBank, a-t-il fait ressortir, d’où l’intérêt d’ouvrir leur capital.

National Insurance Co. Ltd

Au niveau des activités d’assurance à long terme, les engagements d’assurance transférés à la NIC s’élèvent à environ Rs 6,273 milliards. Quelque Rs 336 millions l’ont été pour ce qui est des assurances générales à la NIC General Insurance Co. Ltd.

Les engagements sont garanties par des actifs évalués par les administrateurs spéciaux et des independent property valuers (Vincent d’Unienville) à environ Rs 6,5 milliards environ pour la NIC et de Rs 351 millions pour la NIC General Insurance Co. Ltd.

A ce jour, il y a eu des paiements de l’ordre de Rs 606,06 millions pour 18 752 réclamations au niveau des deux compagnies. Selon les derniers chiffres non audités, les insurance liabilities de NICL sont estimés à Rs 5,9 milliards au 31 mars de cette année, comparé à quelque Rs 6,273 milliards à août 2015. Au niveau des assurances générales, ils sont d’environ Rs 264,4 millions comparé à Rs 336,1 millions à août 2015.

Aucun fonds public, a insisté Roshi Bhadain, questionné vigoureusement par Paul Bérenger, ne servira au remboursement des clients du plan Super Cash Back Gold et de Bramer Asset Management. L’argent injecté par l’Etat dans la NIC, note-t-il, relève du capital nécessaire pour lancer une compagnie.

La Financial Services Commission est-elle satisfaite du ratio de solvabilité de la NIC (assurances générales et vie) ? a encore voulu savoir le leader de l’opposition. Bhadain a rappelé que le régulateur a mené un exercice de due diligence et s’est également appuyé sur l’évaluation faite par le cabinet PwC. Et de rappeler que les engagements s’élèvent à près de Rs 6,3 milliards alors que les actifs sont estimés à Rs 6,5 milliards.

« La FSC a donc certifié » que la situation financière est saine ? a insisté Bérenger. « Absolument », a contré le ministre, arguant que le régulateur n’aurait pas donné son autorisation autrement. « C’est pourtant ce qu’ils ont fait par le passé, vous venez de le dire vous-même », a lancé le leader de l’opposition, avant de reprendre : « Ah ! Ce n’est pas la même FSC… »

Roshi Bhadain rabroué

Cette PNQ a été particulièrement longue. Alors que d’ordinaire, 30 minutes y sont consacrées à l’ouverture de la séance parlementaire, celle-ci a été rallongée de près d’un quart d’heure. En cause : le très long préambule de Roshi Bhadain qui, comme à son habitude, a voulu « contextualiser » son intervention.

Alors que la réponse à première partie de la question du jour tardait à venir, Paul Bérenger l’a interrompu : « Tout cela, vous l’avez déjà dit. Est-ce une nouvelle stratégie pour ne pas répondre ? »

La Speaker a, dans la foulée, rabroué le ministre. « Je vous ai accordé une certaine marge, lui a rappelé Maya Hanoomanjee. Mais ne faites pas perdre son temps à cette Assemblée. » Face aux protestations de Roshi Bhadain, la Speaker a maintenu sa position et réitéré sa requête pour qu’il passe aux réponses demandées. Le ministre a eu droit, durant le reste de la PNQ, à plusieurs rappels à l’ordre pour ses digressions contextuelles sur l’historique de la chute du groupe BAI, le rapport nTan ou encore les commentaires du Fonds monétaire international.