Si tout va bien, les Mauriciens pourront voyager par métro léger d’ici 2021. C’est ce qui ressort de la Private Notice Question du jour. La pose de la première pierre aura lieu à Port-Louis en mars prochain.

Le lieu identifié comprend trois propriétés que la Mauritius Ports Authority (MPA) a mises à disposition de 2 coopératives et de Mauritius Telecom. Des discussions ont déjà eu lieu avec la MPA, a déclaré Nando Bodha, pour les récupérer.

Il reste encore à déterminer qui, d’Afcons ou de Larsen & Toubro, sera désignée pour entamer le chantier reliant Curepipe et Port-Louis. Et si les travaux démarreront d’abord dans la capitale pour rallier Rose-Hill. Ou s’ils seront lancés en même temps à Curepipe : les deux lignes se rejoindront alors à Rose-Hill, qui comprendra aussi une feeder line vers Ebène et Réduit.

Il est prévu, dans un deuxième temps, de prolonger la ligne au nord pour rallier Pamplemousses, Goodlands, Triolet…

Comment financer ?

La Singapore Corporation Entreprise (SCE) s’est chargée de l’alignment and reference design. Les deux soumissionnaires doivent soumettre leurs propositions détaillées quant à la conception et à la construction.

Nando Bodha s’est refusé, pour l’heure, à en livrer le coût estimé, malgré les questions de Paul Bérenger et d’Osman Mohamed en ce sens. Se contentant de répéter que celui-ci a été « considérablement » revu à la baisse.

Si le don indien contribue au financement du projet, il ne sera cependant pas suffisant. A voir si le reste du budget proviendra d’une ligne de crédit de la Grande péninsule, d’investisseurs locaux ou étrangers, a indiqué Bodha à Bérenger. Un special purpose vehicle travaille là-dessus, assure le ministre.

Le chef des mauves voulait savoir si l’option Public-Private Partnershiup était envisagée.

Osman Mahomed, élu travailliste, a encore voulu savoir si cette réduction s’est faite aux dépens du nombre de stations ou de la technologie envisagée.

Retour du Delhi Metro

La SCE a, en août 2016, soumis un rapport retravaillé en se basant sur un précédent document soumis il y a trois ans. Avec pour objectif, cette fois, de rendre le projet de métro léger plus « abordable » que les 850 millions de dollars prévus par l’ancien régime.

Au leader de l’opposition qui souhaite que ce rapport (qui devait initialement être une version actualisée de ce qui avait été soumis sous le précédent gouvernement), soit rendu public, Nando Bodha a répondu : « Pas à ce stade. » Arguant que cela pourrait compromettre l’exercice d’appel d’offres en cours.

Le ministre s’est toutefois engagé à le faire  « au moment venu ».

Répondant à Paul Bérenger, Nando Bodha réitère que certaines clauses de l’accord entre l’Inde et Maurice suivant l’aide financière précise qu’une firme indienne devra être choisie comme constructeur. La participation d’un pays tiers n’est toutefois pas exclue mais devra être sujette à l’accord des parties indienne et mauricienne.

Pour ce qui de la gestion du métro, des discussions préliminaires ont eu lieu avec la Delhi Metro Railway Corporation (DMRC). Celle-ci avait été approchée, déjà, en 2014. Lors de la mission de Pravind Jugnauth dans la Grande péninsule, cette année, ses hôtes ont suggéré le soutien de la DMRC, sur une période de cinq ans, pour la gestion du système et la formation du personnel. Etant entendu que la partie mauricienne sera complètement aux commandes par la suite.

Quid des bus?

Nando Bodha se veut rassurant vis-à-vis des employés du transport public. Et le répète : le métro léger ne sera pas une menace pour eux. Des consultations sont prévues avec les compagnies de bus, les taxis, les syndicats… « Nous les voulons à nos côtés », a dit le ministre.

Dans le même temps, nuance Bodha, il faut s’assurer d’un service de transport public moderne. Et que les quelque Rs 1,2 milliard que l’Etat injecte annuellement dans le transport public soit « utilisé à bon escient ». Les bus desserviront les stations de métro.

La firme PwC livrera son rapport à ce sujet en février prochain.

Photo via (India Rail Online) : Le Delhi Metro Rail Corporation pourrait aider Maurice dans les premiers temps à gérer son système de métro léger.