Lorsque la Banque mondiale a recommandé l’achat de turbines à gaz, il était question d’une «mesure d’urgence» à cause des risques de black-out. Or, le Central Electricity Board (CEB) a «délibérément» surévalué les besoins en électricité, a fait valoir Xavier Duval. L’achat de deux turbines est donc inutile dans la situation actuelle, poursuit-il, d’autant que les deux en service à Fort Nicolay ont encore de beaux jours devant eux. En les enlevant du circuit de production électrique, le CEB crée un «besoin artificiel», a martelé le leader de l’opposition, qui coûtera quelque Rs 8 milliards aux contribuables.

Une opinion que le Deputy Prime minister (DPM) ne partage pas. Ce qui est une «urgence» relève de l’interprétation, a contré Ivan Collendavelloo durant la tranche dédiée à la Private Notice Question. Le fait demeure, souligne le ministre de l’Energie, que le passage au combined cycle gas bien une recommandation de la Banque mondiale.

Une période de sécheresse, par exemple, pourrait être une «urgence» : le CEB ne pourrait alors pas se fier à ses centrales hydroélectriques. Le principe demeure : peu importe la situation qui causerait une baisse dans la capacité de production, la turbine à gaz entrera alors en jeu.

L’appel d’offres pour l’achat de ces deux turbines a été effectué en février de cette année. Le Central Procurement Board n’a pas encore communiqué sa décision suivant l’application de neuf soumissionnaires. Les turbines seront installées à Fort George.

Les deux turbines de Fort Nicolay sont «en bon état de marche» et peuvent encore être utilisées durant les périodes de forte demande, a martelé Duval. Les turbines de Fort Nicolay ne sont pas encore en fin de vie : elles n’ont que 22 000 heures au compteur, soit environ un dixième de la capacité de production, a insisté le leader du PMSD auprès de Collendavelloo.

Ces machineries ont plus de trente ans, a contré Collendavelloo. Ajoutant, non sans sarcasme : «Ma fille a une Golf qui a quinze ans mais ne veut pas que je le vende, elle dit qu’il est encore ‘en bon état de marche’.»

Le coût d’entretien des turbines de Fort Nicolay est «prohibitif», a précisé le ministre de l’Energie. Et si elles tombent en panne ? Dans les deux cas, il incombera alors aux contribuables d’en payer le prix et à Collendavelloo d’en assumer la responsabilité. S’énervant des arguments «de l’idéologie du Tiers Monde» de son interlocuteur, le ministre de l’Energie lui a lancé : «Vous me faites penser aux taxis-brousse de Madagascar. (…) C’est une bonne chose que vous ne soyez plus au gouvernement.»

La Banque mondiale a aussi été très critique, a ajouté le chef des bleus, quant aux capacités de planning du CEB et doit revoir ses procédures. «Tout a été mis à jour et est revu constamment», a répondu le DPM. Tout en soulignant que les besoins et la fourniture d’électricité fluctuent. L’Integrated Electricity Plan pour la période 2019-2028 sera publié sous peu.

Photo (via Pad Co.) : La centrale électrique de Fort George