La première Private Notice Question de Paul Bérenger après deux mois et demi de vacances parlementaires s’est déroulée dans le calme, ce mardi 15 novembre. Face au Premier ministre par intérim, Xavier Duval, le leader de l’opposition voulait connaître les conditions dans lesquelles le conseil d’administration d’Air Mauritius s’est réuni le 28 octobre pour mettre fin au contrat de Megh Pillay, l’ex CEO de la compagnie aérienne.

Xavier Duval a martelé que le conseil d’administration de l’entreprise opère indépendamment du gouvernement et demeure pleinement habilitée à prendre des décisions dans l’intérêt de la compagnie . Toutefois, le ministre du Tourisme révèle que le Premier ministre avait été informé de l’existence de « certain internal problems » et le fait qu’il n’était « plus possible de continuer » avec Megh Pillay.

Évoquant la légalité de la réunion, le Premier ministre par intérim a affirmé que les règles ont été respectées. Sous le regard d’Arjoon Suddhoo et Sateeaved Seebaluck, respectivement président d’Air Mauritius et ancien membre du conseil d’administration, présents dans la galerie des invités. Au sujet de la présence de Seebaluck à la réunion de fin octobre, Duval a insisté qu’il était encore membre de plein droit du conseil. Avant de préciser que ce ne sont pas cinq mais huit membres du conseil d’administration d’Air Mauritius qui étaient présents le jour où le contrat de Megh Pillay a été résilié. Soit Arjoon Suddhoo, Sateeaved Seebaluck, Dorine Fong Weng-Poorun, Banoomatee Veerasamy, Daniel Mackay, Dev Manraj, Prakash Maunthrooa et Bissoon Mungroo.

Face aux questions de Paul Bérenger, Duval concède toutefois que l’invitation pour assister à la réunion du conseil d’administration a été lancée tardivement avant de rappeler que les huit membres présents ce jour-là ont pris leur décision à l’unanimité. Non satisfait de cette réponse, le leader de l’opposition revient à la charge. En demandant que l’agenda de la réunion du conseil d’administration du 28 octobre soit circulé. A quoi le ministre du Tourisme, prudent, explique qu’il faut déterminer si cela est possible. Bérenger persiste, exigeant que des preuves formelles soient présentées afin de démontrer que des divergences fondamentales ont réellement existé entre l’ancien CEO d’Air Mauritius et le conseil d’administration.

Ce qui conduit Duval à ironiser qu’il n’est pas le porte-parole d’Air Mauritius. S’il esquive la demande de Bérenger, le ministre confirme toutefois avoir bien dit à Marc Hein, un membre du conseil d’administration d’Air Mauritius, sa « tristesse » suite au départ de Megh Pillay.

Plus globalement, le départ de l’ancien patron d’Air Mauritius est une bonne occasion, pense Duval, pour bien établir les responsabilités respectives des CEO et de leurs conseils d’administration. Rajesh Bhagwan interpelle du coup le ministre au sujet de nouveau Code of Corporate Governance. « Bhadain pann donn toi enn kopi ? », lance le whip de l’opposition. A quoi le Premier ministre par intérim répond qu’il y a encore besoin de formaliser les choses.

Insatisfait des réponses de Xavier Duval, le leader de l’opposition redit sa conclusion : c’est le président d’Air Mauritius qui est responsable de la situation et Megh Pillay n’est qu’un « bouc émissaire ». Pillay a été « victime d’un complot » renchérit Rajesh Bhagwan quelques instants plus tard en concluant que le « mal c’est Maunthrooa ».

Alan Ganoo, presque à la fin du temps imparti pour la PNQ, s’interroge sur la possibilité que Megh Pillay soit repris comme CEO. Ce qui cause l’hilarité chez les membres du gouvernement et une grosse colère de Bérenger qui se dit « quite shocked » par les réactions des membres de la majorité se moquant de la question du président du Mouvement Patriotique.

La PNQ a par ailleurs été marquée par la colère de Maya Hanoomanjee à l’égard de Shakeel Mohamed. Le député travailliste a été rabroué une première fois quand il a suggéré à la speaker de demander à Xavier Duval de déposer l’agenda de la réunion du conseil d’administration du 28 octobre. Disant soupçonner que la réunion était illégale car il n’y avait pas d’agenda.

Quelques minutes plus tard, c’est une Hanoomanjee en colère qui a lancé à Mohamed « I don’t take orders from anyone ». Le chef de file des travaillistes au Parlement venait de s’étonner que Ravi Rutnah puisse poser plusieurs questions à la fois, alors que la Speaker ne lui avait pas permis de poser une question élaborée plus tôt.