La mobilisation autour de Cynthia (prénom fictif) ne faiblit pas. Elles sont 84 organisations, dont 79 internationales, à se rallier à la cause de la jeune Camerounaise. Celle-ci a découvert sa séropositivité après son arrivée à Maurice, dans le cadre des procédures pour l’obtention de son visa étudiant, et risque donc la déportation. Les deux appels lancés par Pils au bureau du Premier ministre pour qu’elle puisse poursuivre ses études ont échoué.

L’association ne perd pas espoir pour autant. Et, forte du soutien d’organisations locales et internationales, s’adresse de nouveau au bureau du Premier ministre pour qu’il reconsidère le cas de Cynthia (nom fictif). Et que les autorités fassent une exception dans son cas car l’Immigration Act dispose qu’un étranger testé positif au VIH sera expulsé du territoire.

Cette loi considère le VIH comme une maladie contagieuse. Or, souligne Pils, les avancées scientifiques et médicales ont permis de « réduire drastiquement les décès liés au VIH » et de gérer la séropositivité comme « une maladie chronique ». Et « il n’y a aucune preuve que ce genre de lois assure la protection de la santé publique ». Cette loi, maintient l’association d’information et de lutte contre le sida, est « discriminatoire ». Elle doit être amendée, soutiennent les pétitionnaires.

Et de rappeler que le droit international relatif aux droits humains garantit une protection égale devant la loi et contre la discrimination. Que chacun a droit à l’éducation. Que les Etats ont le devoir de s’assurer que les personnes vivant avec le VIH ne sont pas sujettes à des restrictions en raison de leur séropositivité.

Si Pils a réitéré de nouveau son appel au PMO pour la jeune Camerounaise dans une missive envoyée aujourd’hui, l’ONG souligne toutefois qu’« un panel d’avocats de même que l’ONG internationale Speak étudient actuellement les voies légales pour que la décision de déporter [Cynthia] soit suspendue ».

Parmi les ONG signataires de la pétition, on retrouve l’Aids & Rights Alliance for Southern Africa, la française Aides, Coalition Plus, qui regroupe des associations francophones des cinq continents, Ravane Océan Indien, Delhi Network of Positive Living People de l’Inde, et diverses associations du continent africain, d’Amérique du Sud et d’Europe.

A noter que l’écho international du cas de cette jeune femme ne se limite pas aux associations engagées dans la lutte contre la maladie. Le journal Libération y a, en effet, consacré un sujet, ce lundi 20 avril. Imaz Presse Réunion consacre aussi, aujourd’hui, un article à la pétition.

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