La vidéo montrant ces officiers de police a fait le tour des réseaux sociaux à Maurice, il y a quelques jours. Les cinq hommes ont, depuis, été transférés. C’est ce qu’a indiqué Xavier Duval au Parlement aujourd’hui. Le Premier ministre par intérim répondait à une question de Shakeel Mohamed sur le nombre d’officiers transférés du poste de police de Quartier-Militaire.

Les policiers en question feront l’objet de procédures disciplinaires, a poursuivi Xavier Duval. L’enquête initiée suite à la diffusion du clip vidéo les concernant est bouclée, dit-il.

L’atmosphère était très détendue dans l’hémicycle lors de cette question. Les uns et les autres ne pouvant retenir leur sourire à l’évocation des talents de « belly dancing » de ces officiers. Shakeel Mohamed s’est même laissé aller à une question supplémentaire sur un ton badin. Demandant si les « aptitudes à la danse du ventre » de ces policiers ont joué dans la mutation de ces officiers dans la région de Port-Louis Nord (Vallée-Pitot, Plaine-Verte…). Xavier Duval de répondre, du tac-au-tac et dans l’hilarité générale : « Je suis sûr que vous pourrez mieux juger de cela que moi. »

L’os Air Mauritius

Le Prime minister’s Question Time a été bref aujourd’hui. Peu de questions à l’agenda, dont certaines n’ont pas eu de réponse. A l’exemple de celle du Chief Whip Mahen Jhugroo concernant la liste des journaux dans lesquels des publicités gouvernementales ont été publiées de juillet 2005 à décembre 2014. La raison : un procès est en cours devant la Cour suprême.

Raffick Sorefan n’a pas eu plus de chance. Il voulait connaître le nom des passagers ayant bénéficié gratuitement, de 2012 à 2014 et sur instruction du bureau du Premier ministre, de surclassement de leurs billets d’avion (classe économie à classe affaires) et de bagages supplémentaires. Ainsi que le nom de l’officier ayant émis ces instructions. Le député de La Caverne/Phoenix s’est toutefois heurté à la réponse devenue habituelle lorsqu’on aborde les « affaires internes » d’Air Mauritius au Parlement : « Air Mauritius est une entreprise cotée sur la Bourse de Maurice (…). Il ne serait donc pas approprié de fournir les informations demandées. »

Le député du Mouvement patriotique insiste cependant. Sa question, dit-il, ne concerne pas les « affaires internes » de la compagnie d’aviation nationale. Elle mérite réponse, estime Sorefan, d’autant qu’Air Mauritius cumule les pertes. Xavier Duval maintient sa position et renvoie le parlementaire à celle de sir Anerood Jugnauth, qui a indiqué qu’aucune information ne sera divulguée sur les « affaires internes » d’Air Mauritius, de même qu’aux règlements de la Bourse.

« Affaires internes »

Certes, on ne peut connaître les noms, mais le Premier ministre par intérim peut au moins indiquer si cette pratique n’a plus cours ? l’interroge alors Alan Ganoo. « Je ne suis pas au courant », affirme Xavier Duval. « Je m’en tiens à la réponse du Premier ministre, répète-t-il, que les questions soient issues des rangs du gouvernement ou de l’opposition. »

Dans ce cas, lance le leader du Mouvement patriotique en se tournant vers Maya Hanoomanjee, « toutes les questions sur Air Mauritius ne devraient plus être admissibles ». Sauf que la Speaker n’a aucun contrôle sur le contenu des réponses, dit-elle. Xavier Duval se lève alors pour apporter une précision. Tout ce qui a trait aux « affaires internes » ne pourra être traité, mais d’autres questions le seront. A l’instar de celle, à l’agenda du jour, concernant des « fonds publics », soit les emprunts contractés par la compagnie d’aviation nationale et garantis par le gouvernement. Soumise initialement au Premier ministre, c’est finalement le ministre des Finances qui y a répondu.