La séance parlementaire du jour a démarré dans une ambiance plutôt bon enfant. Mais le Prime minister’s Question Time a été marqué par de vifs échanges entre le Premier ministre et Rajesh Bhagwan. Ce qui a provoqué la colère du Whip de l’opposition : sir Anerood Jugnauth lui ayant lancé « b*** to lagel ! » alors qu’il s’apprêtait à poser une question supplémentaire concernant le rapport de la Commission d’enquête sur les courses hippiques. « J’ai un profond respect pour le Premier ministre mais mo pa pou b*** mo lagel », s’est emporté Rajesh Bhagwan.

Le chahut se généralise, les uns du côté de la majorité avançant que le Premier ministre n’avait pas proféré de tels propos, l’opposition s’en offusquant. Bhagwan proteste auprès de la Speaker, soulevant un point of order réclamant que sir Anerood Jugnauth retire ses mots. Mais lorsque Maya Hanoomanjee se tourne vers ce dernier, il répond : « Je lui ai demandé de se taire. » Ce qui provoque l’hilarité générale mais ne calme pas le député mauve.

« Je respecte le Premier ministre mais mo pou kontigne koze ». La Speaker, debout, finit par le ramener à de meilleurs sentiments. Et donne son ruling : le Premier ministre retire les propos ou la Speaker écoutera l’enregistrement des débats. « Recording mazik ki disparet », lance Paul Bérenger de son siège.

Le Premier ministre n’ayant pas retiré immédiatement ses propos, la Speaker est revenue sur l’incident en fin d’après-midi. L’enregistrement ayant donné tort au Premier ministre, celui-ci s’est excusé avec le sourire et a accepté de retirer ses paroles, sous les applaudissements de la majorité parlementaire. « Pran lexanp ! » lance quelqu’un à l’opposition. « Ki lexanp ? » rétorque le leader de l’opposition. « Quand on a tort, on assume ! »

Rajesh Bhagwan souhaitait savoir si une enquête avait été initiée pour retrouver le rapport intérimaire « égaré » de la Commission d’enquête instituée sur les courses hippiques. Cela n’est pas nécessaire, a répondu SAJ, le gouvernement étant en présence du rapport final. Quid d’une enquête, a insisté le Whip de l’opposition, au niveau du Prime minister’s Office relative aux senior officers proches du Mauritius Turf Club, voire propriétaires de chevaux ? SAJ : « Je n’en ai jamais vu l’utilité. »

Qu’en est-il alors, dit Bhagwan, de ces mêmes fonctionnaires chargés d’octroyer les autorisations aux jockeys, par exemple ? « Nous ne pouvons tout faire en un jour », lance SAJ. Le gouvernement, assure-t-il, agit sur ce dossier, « pas à pas ».