Les policiers ne sont pas contents. Ils devront encore attendre avant de toucher leur «performance bonus». Recommandé dans le rapport du Pay Research Bureau de 2016, cette mesure a finalement été renvoyée à ce même bureau dans le cadre de son prochain rapport. Ainsi en a décidé un High Powered Committee mis sur pied par le ministère des Finances, apprend-on d’une réponse écrite déposée en décembre par la Défense au Parlement à une question du député Veda Baloomoody.

Une nouvelle qui ne réjouit pas la Police Officers Solidarity Union (POSU). Car la mesure devait profiter à divers grades, de constable à inspecteur dans le cadre d’un système d’évaluation [voir p.111, recommandation 14.2.9] préconisé par le rapport, rendu public le 1er avril 2016. Le sujet avait été abordé lors d’une rencontre entre ce syndicat et l’administration de la police avait eu lieu le 24 novembre 2017 notamment sur cette question.

Or, il ressort qu’il n’y a pas eu de provision budgétaire. D’où une demande de fonds du Commissaire de police en date du 19 janvier 2018, qui a atterri au High Powered Committee, a indiqué le ministère que dirige sir Anerood Jugnauth.

«C’est un droit légitime» des officiers de police qui n’a pas été honoré, assène Jaylall Boojhawon, président de la POSU. «On néglige la police», poursuit le syndicaliste, qui n’écarte pas de descendre à nouveau dans les rues à ce sujet. Et de prévenir : «13 000 policiers ont voté pour ce gouvernement en 2014. ‘Tansyon zot gagn sirpriz sann fwa-la.’»

Du côté de la Government Services Employees Association (GSEA) Fire Fighters Cadre, son président Asraf Buxoo déplore également cette décision synonyme de «démotivation pour la force policière». Le syndicaliste appelle sir Anerood Jugnauth à revoir sa décision.

Les sapeurs-pompiers ont aussi une liste de griefs face à leurs conditions de travail et au manque d’équipements. La GSEA prévoit ainsi de manifester les 30 et 31 janvier si les actions nécessaires ne sont prises.

Photo : Des membres de la Police Officers Solidarity Union lors d’une manifestation à Port-Louis, le 29 novembre 2018.