Elle n’est «aucunement disqualifiée». Shamila Sonah-Ori renonce toutefois à être membre de l’Electoral Supervisory Commission et de l’Electoral Boundaries Commission. L’avouée a écrit au président par intérim, aujourd’hui 30 mai, pour l’informer de sa décision.

Sonah-Ori évoque dans sa lettre sa carrière de 25 ans menée avec «persévérance, honnêteté et intégrité». Mais aussi la «mauvaise foi» des membres de l’opposition et la «politisation à outrance» de sa nomination.

L’avouée pointe du doigt Xavier Duval en particulier. Et notamment sa conférence de presse du samedi 25 mai, qui s’est tenue avec «la claire intention de me nuire et de nuire à ma réputation».

«J’ai fait mon travail», estime pour sa part le leader de l’opposition qui salue une «grande victoire pour la démocratie». Duval ne fait pas grand cas de ces commentaires à son encontre. «J’ai des comptes à rendre aux Mauriciens et pas à madame Ori», dit Xavier Duval.

Sur sa page Facebook, le leader du PMSD souligne que ce «triste épisode» démontre la «cupidité» de certains dans les «coulisses du pouvoir». Tout autant que la «détermination» d’autres à «détruire les institutions démocratiques».

Nos tentatives pour joindre Shamila Sonah-Ori sont restées vaines.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre avait soutenu que, d’un point de vue légal, rien ne disqualifiait son avouée et parente de siéger sur ces deux institutions.

Du côté de l’opposition, depuis que Duval a fait éclater l’affaire il y a cinq jours, on souligne la nécessité d’indépendance de ces deux commissions. Le leader du PMSD avait décrit Sonah-Ori comme une «activiste notoire» du MSM samedi. Et exprimé, par la suite, son opposition à cette nomination lors d’un tête-à-tête avec le président par intérim.

Paul Bérenger évoquait, le mardi 29 avril, le fait que l’avouée a été conseillère municipale. Et que Barlen Vyapoory n’avait pas consulté tous les leaders de partis de l’opposition au Parlement. Ce que l’Acting President a rectifié aujourd’hui. Paul Bérenger, Alan Ganoo du Mouvement patriotique et Shakeel Mohamed du Parti travailliste se sont rendus tour à tour au château du Réduit pour faire part de leurs réserves sur cette nomination… qui n’a finalement pas eu lieu.