Navin Ramgoolam est finalement arrivé au Bail and Remand Court à 14h24. Une centaine de partisans ainsi que des cadres du Parti travailliste étaient présents pour le soutenir. L’ancien Premier ministre fait face à trois charges dans le cadre de l’enquête sur l’affaire BAI : forgery, conspiracy et blanchiment d’argent.

Pour l’inspecteur Dussoye, Navin Ramgoolam ne doit pas être remis en liberté. Il pourrait, avance le policier, manipuler des preuves alors que le Central Criminal Investigation Department (CCID) mène toujours une investigation quant à une fraude massive impliquant le groupe BAI. Celle-ci, dit-il, s’élèverait à Rs 6 milliards.

Les trois charges logées contre l’ex-chef de gouvernement, sont liées à la fraude, notamment sur les fonds du plan Super Cash Back Gold, avance l’inspecteur. C’est une enquête complexe, dit-il, c’est une affaire sensible avec des témoins sensibles. Navin Ramgoolam, avance l’inspecteur Dussoye, a vu et pris des notes durant son interrogatoire mais a invoqué son droit au silence. Il pourrait donc, dit-il, manipuler des preuves.

Gavin Glover de questionner l’inspecteur, en soulignant que lors de l’interrogatoire de ce vendredi, 91 questions ont été posées à son client. Et que sa réponse a été qu’il nie toutes les accusations portées contre lui car il n’y a pas un iota de preuve contre lui. Concernant la charge de blanchiment d’argent, poursuit l’homme de loi, il est dit que celui-ci a contracté un emprunt auprès de la Bramer pour lequel il a mis un terrain en garantie. Ramgoolam est poursuivi pour avoir contracté un emprunt avec un terrain en garantie, a répété l’avocat dans l’hilarité générale.

Gavin Glover a descendu en flammes le libellé – approximatif, selon lui – des charges. Et de citer un exemple : Ottoman Capital est une compagnie locale et internationale, cela a aussi été répété au CCID. Or, un document du Prime minister’s officer indique que c’est une compagnie locale. Depuis trois mois, dit Gavin Glover, les doutes de la police pour s’opposer à la remise en liberté ne se sont  pas avérés. Pourquoi ces doutes, demande-t-il, vont maintenant se traduire dans la réalité ?

« Je défendrai ma réputation », a déclaré Navin Ramgoolam du box. « Je n’ai jamais influencé de témoins et  je ne compte pas le faire. » Et de souligner qu’il s’est plié aux requêtes de la police par rapport aux interrogatoires et a respecté les conditions de sa libération sous caution.

Navin Ramgoolam est maintenu en détention. La magistrate rendra sa décision demain à 10h.

Photo : Une centaine de sympathisants attendent que Navin Ramgoolam sorte du tribunal.