L’Atelier Mo’zar a atteint l’âge adulte. En effet, il célèbre, depuis dimanche, ses 18 ans d’existence. Et il se donne les moyens de ses ambitions. D’une association qui accompagnait essentiellement les enfants de milieux défavorisés ou en difficulté, elle ambitionne aujourd’hui de se faire centre de formation. Et pas qu’en musique.

Cette nouvelle direction s’amorce avec une nouvelle structuration. José Thérèse, fondateur de l’association, manie désormais la baguette de directeur. Tandis que Yann Durhone, que l’on connaît comme gérant du Sapin Café Culture et organisateur du Festival Enn, se joint à lui en tant que Project Coordinator.

Et des projets, ils en ont. L’atelier devrait inaugurer, le mois prochain, une antenne à Mahébourg, financée par la MCB Forward Foundation. Et l’école de musique – « projet chéri depuis tant d’années » – devrait enfin sortir de terre. Baptisée Mo’zar Espace Artistic, les apprentis musiciens s’exerceront dans ses locaux flambant neufs vers le mois de septembre. « Si tout va bien », glisse Yann Durhone.

Ce nouvel espace devrait permettre à l’Atelier Mo’zar d’augmenter grandement sa capacité d’accueil. Et de diversifier son offre. Jusqu’à présent, l’association touchait, en effet, principalement les enfants en échec scolaire. Leur faisant découvrir leurs talents pour la musique et, ce faisant, une voie de sortie hors de l’exclusion et de la pauvreté. « Avec l’école, d’autres pourront profiter de la méthodologie Mo’zar’. »

Comment ? « A travers des hobby courses, ouverts aux intéressés » qui ne comptent pas forcément devenir musiciens. Faire ses gammes, comme ces enfants durant 18 ans, en mêlant partitions classiques, jazz et contemporaines. Une « méthode qui marche et facilite l’apprentissage », insiste le Project Coordinator.

Mo'zar Women Jazz Band 2

Photo (via Mozar) : C’est aussi à travers les différents ensembles de l’Atelier, ici le Mo’zar Women Jazz Band, que les élèves font leurs armes sur scène.

De nombreux élèves de Mo’zar, dont le saxophoniste Dean Addison et Ludovic Matombé, musicien et arrangeur, figurent aujourd’hui parmi la jeune génération de musiciens locaux qui veulent porter leur art plus haut. Et qui évoluent dans le circuit local en tant que professionnels, notamment grâce à la pratique acquise lors des représentations des différents ensembles de l’atelier (le Big Band, le Quintet…).

C’est fort de cette expérience, déclare Yann Durhone, que Mo’zar compte se positionner en tant que « référence » au niveau de l’enseignement musical, et tenter de proposer « un circuit complet ». Celui-ci ira de la formation au placement professionnel en passant par la proposition, via une compagnie affiliée, de divers services autour du spectacle et de l’événementiel (sono, lumières, etc.).

A très long terme, Mo’zar Espace Artistic s’esquissera – « soyons fous ! », s’enthousiasme Yann Durhone – sous les traits d’une « Performing Arts School ». Où l’on pourra être initié aux divers métiers du spectacle, qu’ils soient sur scène ou en coulisses.

En attendant, la petite équipe met la dernière main à un projet de jumelage avec la Durban School of Music. Ce qui devrait ouvrir de nouveaux horizons en termes de stages et d’échanges culturels – pas seulement musicaux – aux jeunes mauriciens et sud-africains.

[Vidéo] L’atelier Mo’zar était invité, l’année dernière, à la 3édition du festival [email protected] Avec son projet de jumelage avec la Durban School of Music, ce type d’échange sera facilité vers l’Afrique du Sud.