Le ministre de l’Environnement Raj Dayal a concédé, hier au Parlement, que les sonomètres utilisés pour mesurer l’intensité du bruit causé par les motocyclettes sur nos routes sont défectueux. Il répondait à une question parlementaire du député Osman Mahomed. L’Etat avait fait l’acquisition de 10 appareils en 2011 afin de combattre les nuisances sonores.

Selon les dispositions du Road Traffic Act concernant la pollution sonore, le niveau de décibels émis par une motocyclette ne doit pas dépasser 79. Les motocyclistes ne sont pas, non plus, autorisés à modifier leur engin pour que celui-ci fasse plus de bruit en roulant. Les contrevenants peuvent faire l’objet de poursuites judiciaires et sont passibles d’une amende allant jusqu’à Rs 100 000, explique Dayal. Sauf que les propriétaires de deux-roues continuent à faire fi de ces règlements.

Raj Dayal explique que les officiers de la police de l’Environnement, qui effectuent des patrouilles régulières à travers l’île, ont conclu que les sonomètres ne pouvaient être utilisés. D’où le fait que les motocyclistes continuent de s’en donner à cœur joie. Une réponse qui a eu le don de choquer le député mauve, Adil Ameer Meea, qui estime que ce problème s’aggrave de jour en jour.

« Nanie pa pe fer ! » s’est-il emporté avant que le Deputy Speaker Adrien Duval ne le rappelle à l’ordre. « Mo pa kapav les sa pase », a ajouté le député mauve. Et de rappeler que cette question avait été soulevée au Parlement en début d’année et que le ministre avait alors promis de trouver une solution. « You should purchase proper sonometers now ! », a-t-il lancé au ministre avant de se rasseoir.

Raj Dayal avoue que les procédures prennent du temps et que son ministère doit disposer d’un budget pour pouvoir rectifier les erreurs de l’ancien régime. Alan Ganoo a d’ailleurs souligné le fait que les sonomètres avaient été achetés sans que les tests adéquats n’eussent été effectués. Le député du Mouvement patriotique a suggéré, dans la foulée, que les consultations entre ministères soient menées afin de commander les meilleurs sonomètres. « I take fully on board this suggestion of Hon. Ganoo », a répliqué Dayal.

Répondant à une question de Paul Bérenger,  le ministre indique qu’aucune condamnation n’a suivi pour les 1 047 motocyclistes verbalisés depuis janvier 2015. Il ajoute également que les régions ayant le plus de contrevenants sont Port-Louis et le Nord.

Plusieurs mesures ont été enclenchées, selon Dayal : une campagne de sensibilisation sur les radios, la formation des officiers de police pour leur permettre de prendre les actions nécessaires contre les contrevenants, 15 nouveaux officiers de la police de l’environnement sont venus s’ajouter à l’effectif qui en comptait jusqu’alors 27 et l’aide du Commissaire de police a également été sollicitée.

Raj Dayal n’écarte pas la possibilité de faire saisir les motocyclettes dotées de pots d’échappement modifiés et qui causent des bruits excessifs. « Nous sommes dans un Etat de droit et nous allons agir dans l’intérêt du pays. »