Un « early trial ». C’est ce qu’avaient réclamé les leaders du MSM et du MMM au lendemain de l’annonce par le Directeur des Poursuites publiques du procès pour conflit d’intérêts intenté à Pravind Jugnauth. Paul Bérenger avait expliqué qu’il était souhaitable que la justice se prononce rapidement sur la question afin de permettre aux responsables du Remake 2000 de se remettre au travail sereinement. Toutefois, avec le renvoi du procès au 31 juillet, quelques petites contrariétés pourraient survenir au sein du Remake 2000.

La perspective de devoir attendre plusieurs mois, voire de subir un procès traînant jusqu’en 2015, ne réjouit guère le MMM. La stratégie des mauves par rapport à l’affaire Medpoint a jusqu’ici été d’en finir le plus rapidement sur le plan judiciaire. Afin de mieux se remettre au travail en cas de non-lieu pour Pravind Jugnauth. Ou alors de penser à un plan B pour remplacer le leader du MSM au sein du remake si jamais une condamnation compromet sa candidature aux prochaines législatives. Les premiers effets du malaise n’ont d’ailleurs pas tardé à se manifester. En effet, la réunion hebdomadaire entre les dirigeants du MSM et du MMM, prévue ce mercredi à la Caverne chez sir Anerood Jugnauth, a été annulée.

Hier, l’agacement du leader du MMM sur cette question s’est manifesté en public. En effet, c’est un Paul Bérenger visiblement irrité qui s’est adressé au secrétaire général du MSM, Nando Bodha, sous l’œil médusé de Sanjeeven Permal, candidat du MMM à Moka-Quartier-Militaire et probable colistier de Pravind Jugnauth dans cette même circonscription pour les prochaines élections. Les trois hommes participaient aux célébrations du Nouvel An tamoul au centre culturel Indira Gandhi, hier après-midi. Selon les personnes qui se trouvaient à côté d’eux, c’est bien une discussion autour du procès de Pravind Jugnauth qui a conduit à l’esclandre.

Ce lundi, à l’ajournement en Cour Intermédiaire, Roshi Bhadain, l’avocat de Pravind Jugnauth a réclamé une date dès la semaine prochaine. Mais ce n’est que le 31 juillet que le procès sera réentendu, non pas sur le fond, mais sur une question de procédure. En effet, l’avocat de Pravind Jugnauth a demandé que le procès soit annulé.

En se fondant, d’une part, sur le flou entourant le délit de conflit d’intérêts dont son client est accusé. Et en invoquant, d’autre part, l’article 4 de la Public Officers’ Protection Act (POPA) qui dispose qu’un « public official » ne peut faire l’objet de poursuites civiles ou pénales « by a person, other than the State » si la procédure intervient plus de deux ans après les faits ou actes litigieux. Or, la clinique Medpoint a été vendue pour Rs 144 millions à l’Etat le 29 décembre 2010.

La défense de Pravind Jugnauth estime également que la commission anticorruption n’est pas un organe de l’Etat et ne peut donc poursuivre l’ancien ministre des Finances en vertu de la POPA. Du côté de la poursuite, le point de procédure de Roshi Bhadain est balayé d’un revers de main comme « un simple delaying tactic qui ne marchera pas ».

Dans trois mois et demi, ce sera au tour des avocats de la poursuite d’expliquer au magistrat de la cour intermédiaire pourquoi le procès doit être maintenu. La justice se prononcera alors sur ce point de droit seulement. Toutefois, une décision à ce sujet pourrait ne pas être prise dès le 31 juillet mais des jours, peut-être des semaines plus tard.