L’émission Le dessous des cartes creuse au-delà du cliché des paysages idylliques et présente Maurice sous un autre regard. Dans une vidéo d’une dizaine de minutes, diffusée pour la première fois il y a deux jours, l’expert en géopolitique Jean-Christophe Victor se concentre sur la spécificité économique du pays et sa multiculturalité.

De son indépendance, en 1968, jusqu’à nos jours, le pays connaît une croissance économique importante. Au départ boosté par l’essor de l’industrie sucrière : entre 1980 et 2010, la croissance moyenne est de 5%, grace aux accords de Lomé. Ce traité, signé le 28 février 1975 entre la Communauté économique européenne (CEE) et 46 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (dits pays ACP), a permis à Maurice « de bénéficier d’un quota d’exportation de sucre vers l’Europe, accompagnée d’un prix d’achat garanti aligné sur celui des marchés européens ». Maurice a su profiter du fait que le prix garanti par la CEE était largement supérieur au marché, et cela pendant 30 ans.

Par la suite, l’industrie textile empruntera la même voie. Elles bénéficient des accords multifibres qui limitent les importations en provenance de l’Asie. Une situation économique très attractive pour les investisseurs étrangers, plusieurs d’entre eux « ont installé leurs entreprises sur l’île pour bénéficier des quota occidentaux ».

Ce n’est qu’en 1990, lorsque le coût de la main-d’œuvre sucrière augmente, que les industriels diversifient leurs investissements. « On passe d’une économie rentière basée sur le sucre à une économie tertiaire basé sur le service. » Ils se tournent notamment vers le tourisme qui représente aujourd’hui près de 10% du PIB du secteur tertiaire. Les services représentent désormais 70% du PIB, l’agriculture 5% et l’industrie atteint les 25%. En cinq ans, de 2010 à 2015, le taux de croissance annuel moyen croît de 3,5%. Et le PIB par personne double en seulement 10 ans. Malgré cela, l’émission constate une « politique fiscale insuffisamment distributive », et remarque que la « communauté créole [est] laissée pour compte ».

Après avoir soulevé que le pays fait partie de la liste des paradis fiscaux, Jean-Christophe Victor sonne l’alerte sur les changements climatiques qui pourraient avoir de graves conséquences sur l’aspect économique du pays.

L’émission est disponible en ligne jusqu’au 20 juillet 2016 sur http://ddc.arte.tv/