Cela n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé à Maurice durant la campagne électorale et après les dernières législatives. Mahathir Mohamed, 92 ans, vétéran de la politique et nouveau Premier ministre avait assuré qu’il allait faire démarrer une enquête sur Najib Razak, qui a été le chef du gouvernement de Malaisie pendant neuf ans.

Appréhendé ce 3 juillet par la Malaysian Anti Corruption Agency à son domicile de Kuala Lumpur, l’ancien Premier ministre dénonce une arrestation «politiquement motivée» qui serait «le résultat d’une vengeance politique» dans un communiqué émis ce mardi soir, écrit l’AFP.

Mahathir avait affirmé durant la campagne qu’il allait récupérer les milliards de dollars qui auraient été siphonnés par l’ancien chef du gouvernement et son entourage. Razak a été traduit devant la justice ce 4 juillet sous une accusation de corruption. Il encourt 20 ans de prison s’il est trouvé coupable.

En 2009, Najib Razak avait créé un fonds d’investissement pour la modernisation du pays. Pour notamment financer des usines et l’amélioration des infrastructures publiques. Cependant, l’ancien l’homme fort est accusé d’avoir utilisé cet argent pour acheter un jet privé, des yachts et créer une boîte de production. Celle-ci, dirigée par son beau-fils, aurait financé en partie la production du Loup de Wall Street, long-métrage avec la star Leonardo Di Caprio, rappelle Libération.

Après la venue au pouvoir de Mahathir Mohamed en mai 2018, le couple Razak a tenté de quitter le pays, en vain. Suite à l’arrestation de l’ancien Premier ministre, la police a saisi des bijoux valant 234 millions d’euros, 25 millions d’euros en espèces et plusieurs sacs contenant des billets de banque.

Mohamed Mahathir a loué le travail des agences gouvernementales par rapport à son prédécesseur. Assurant que celles-ci ont monté un «dossier parfait» contre Razak.