[Mise à jour: 16h15] Le DPP a accepté la missive de l’ICAC. Satyajit Boolell a jusqu’à la semaine prochaine pour se présenter, la lettre ayant été envoyée par courrier également.

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« You are kindly requested to call at the commission », c’est l’une des phrases de la correspondance envoyée ce matin par l’Independent Commission against Corruption (ICAC) à Satyajit Boolell.

A la Commission anticorruption, on prend toutefois soin de préciser que l’audition du Directeur des poursuites publiques suit le cours normal des procédures. En effet, dans l’affaire Sun Tan Hotels, l’ICAC a d’abord diligenté une « preliminary inquiry ». Une étape durant laquelle les officiers de la Commission déterminent si le dossier soumis tombe bien sous le coup de la Prevention of Corruption Act. Pour arriver à la conclusion préliminaire, la Commission s’est notamment reposée sur la version des faits de 5 personnes auditionnées. Soit Noorani Oozeer, l’ancien Senior Chief Executive du ministère du Logement et des Terres ainsi que quatre fonctionnaires de la même administration.

Avec l’envoi de la lettre de l’ICAC, la procédure passe donc de l’étape d’une « preliminary inquiry » à celle de « further inquiry ». Signifiant que les enquêteurs estiment, pour l’heure, qu’un délit a effectivement pu être commis dans le traitement du dossier Sun Tan Hotels. Ce qui implique désormais la certitude que l’enquête de l’ICAC débouchera sur un rapport qui sera envoyé au bureau du Directeur des poursuites publiques (ODPP).

Après examen du dossier, l’ODPP requerra soit des poursuites, soit le classement sans suite de l’affaire ou alors conseillera d’autres actions, comme des mesures disciplinaires. Le DPP, apprend-on, pourra choisir de ne pas « step down » au moment où le dossier arrivera à son bureau. En effet, il est possible à Satyajit Boolell de se récuser pour le traitement de ce dossier. Afin de laisser les autres cadres de son bureau décider de la marche à suivre, sans le consulter.

Qu’est-ce qui attend donc exactement Satyajit Boolell dans les jours à venir ? A l’ICAC, on estime que son arrestation n’est pas à l’agenda. Car il a été convoqué, pour l’heure, dans la seule optique d’éclairer la Commission sur le dossier Sun Tan Hotels. En effet, dépendant de la teneur de la déposition de Boolell, il sera alors traité comme un témoin, voire considéré en tant que suspect. Dans lequel cas, l’audition passera à une étape plus formelle durant laquelle ses droits lui seront lus, lors de son interrogatoire « under warning ». Pour l’heure, toutefois, le DPP n’a ni le statut d’accusé ni celui de témoin.

L’audition prochaine de Boolell se déroule dans un certain climat de tension à l’ICAC. L’essentiel du stress étant dirigé vers le directeur de l’institution, Lutchmeeparsad Aujayeb. Mais dans les couloirs de la Commission, on affirme qu’aucune pression ne fraye son chemin jusqu’aux enquêteurs. « La procédure suit son cours. Elle ne va ni plus vite, ni plus lentement parce que le nom du DPP est cité », affirme-t-on à Ébène.

La Commission prend ainsi ses distances de la tournure politique qu’a prise le dossier Sun Tan Hotels. Si un communiqué de Showkutally Soodhun, émis vendredi, affirme que les officiers de l’ICAC se sont présentés au ministère la semaine dernière pour recueillir tous les documents relatifs à l’affaire, une autre version des faits se fait entendre à la Commission. Où on affirme que c’est le ministère du Logement et des Terres qui a lui-même envoyé tous les dossiers à l’ICAC en même temps que son « referral » le lundi 6 juillet.