Le pays poursuit sa progression sur le Classement mondial de la liberté de la presse. Inscrit au 61rang, Maurice gagne 7 places, comparé à l’année dernière. Toutefois, le score global reste inchangé sur cette période, avec 27,69 points. Pourtant, le pays a relativement bonne réputation pour ce qui est des droits humains et de la démocratie. Qu’est-ce qui explique cette stagnation, selon Reporters sans frontières (RSF) ? « La situation de la liberté d’information [qui] s’est dégradée ces dernières années. »

L’association internationale de journalistes cite ainsi « des cas d’abus » contre des confrères mauriciens. A l’instar des « avertissements de la Mauritius Broadcasting Corporation contre des journalistes ayant pris la parole lors de débats publics »­ – les sanctions contre Ritvik Neerbun et Ashok Beeharry ont, depuis, été levées. Ou encore des « menaces proférées par le pouvoir contre le quotidien l’express ».

Le constat d’une dégradation de la liberté de la presse ne concerne cependant pas que Maurice. Qui pointe d’ailleurs derrière la Mauritanie, les Comores, le Niger et Madagascar. « Tous les indicateurs du classement témoignent d’une dégradation », avance Christophe Deloire, secrétaire général de RSF tel que cité par le journal Le Monde.

Toutes les zones géographiques – 180 pays figurent au classement – sont touchées, avec un recul notable au niveau de l’Amérique centrale où les journalistes sont victimes de « violences accrues ».

Pour le secrétaire général de RSF, « de très nombreux dirigeants dans le monde développent une forme de paranoïa contre l’exercice légitime du journalisme ». Les conséquences de climat de peur ? « Une haine croissante du débat et du pluralisme, commente Christophe Deloire sur le site de RSF, un verrouillage des médias par des gouvernements en pleine dérive autoritaire et liberticide, l’emprise grandissante d’intérêts particuliers sur l’information dans le secteur privé. »