On a vu les artistes cracher des laves de frustrations sur divers sujets. Descendre dans les rues pour défendre leurs intérêts à la MASA ou l’inverse. Mais quand le ministre de la Culture les insulte diplomatiquement avec un discours, où il précise qu’il va montrer à des artistes comment faire un budget et leur demande aussi d’être plus créatifs… Certains se demandent si Choonee connaît la définition du mot « créatif ».

Monsieur Choonee, sachez que les artistes ne vous ont pas attendu pour être créatifs et qu’ils savent comment monter un budget ou un plan financier. Je parle ici de manière générale et demeure d’avis que certains n’ont pas ses aptitudes. Mais sachez, sieur Choonee, que la majorité, surtout ceux qui vont vers la professionnalisation du domaine musical, ont eu des formations en ce sens. Des formations auxquelles vos subalternes ou pseudo-conseillers auraient dû assister ou participer.

On ne va pas attendre que vos fonctionnaires, qui ne savent pas faire la différence entre le sega et le ragga, viennent nous enseigner l’essence de la créativité.

Dommage que votre ancien conseiller ne vous ait pas informé que les gens issus du monde culturel ont une certaine éducation. Que certains sont diplômés de grandes écoles de musique, que d’autres sont des autodidactes très intelligents. Que bon nombre ont eu des formations à Maurice ou ailleurs par des professionnels de la musique. Que des acteurs culturels ont un plan budgétaire pour assister à des forums, conférences et marchés de musique pour être au fait de l’actualité de la musique mondiale.

Le silence des artistes résulte soit d’un ras-le-bol. Le chien aboie et la caravane passe. Soit il y a une forme d’apathie. Car n’oublions pas que le problème est le même dans chaque secteur. Ceux qui sont dans les petits papiers du ministère font profil bas, pour ne pas froisser le système. Et assurer leur entrée au 7étage du NPF Building.

En ce temps de campagne, ils seront quelques-uns (nos amis les artistes) à jouer la carte politique, à faire preuve de créativité pour « rod enn bout » et « gérer à bien leur budget » pour les cinq prochaines années. Reste à savoir dans quel camp il faudra être, pour danser le sega sur le podium des meetings avec le prochain chef au pouvoir.