L’événement est unique dans l’histoire de l’Eglise catholique. Le Vatican a accueilli, aujourd’hui, sa première double canonisation en proclamant les papes Jean XXIII et Jean Paul III saints. Quelque 800 000 fidèles d’une centaine de pays s’étaient rassemblés à Rome, pour assister à la messe concélébrée par l’actuel pape François et son prédécesseur, le pape émérite Benoît XVI.

Celui-ci s’est retiré l’année dernière pour des raisons de santé. Ceux qui n’ont pu accéder à la place Saint Pierre ont tout de même pu suivre la transmission en directe de la messe grâce à des écrans géants installés dans toute la ville. Selon les chiffres fournis par le Vatican, la messe a aussi été vue par environ 2 milliards de téléspectateurs à travers le monde.

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Photo (Catholic News Agency/Twitter) : La place Saint Pierre était, ce matin, noire de monde. Des fidèles du monde entier, mais aussi des chefs d’Etat et de gouvernement, quelque 150 cardinaux, 1 000 évêques, 6 000 prêtres et 200 diacres sont venus assister à cette messe exceptionnelle. (Source : Le Parisien)

Le pape François a rendu hommage aux deux nouveaux saints, en tant que « prêtres, évêques et papes du XXe siècle », « deux hommes courageux » porteurs d’une « espérance vivante », indique Le Parisien. Des reliques des deux hommes, le sang de Jean Paul II et un morceau de peau de Jean XXIII placés dans des contenants en argent, étaient exposées près de l’autel.

« Ils ont connu durant les événements tragiques de ce siècle, sans pour autant en être écrasés. Pour eux, Dieu était le plus puissant », a déclaré le pape François dans son homélie. Et de poursuivre qu’ils avaient contribué à « restaurer et actualiser l’Église selon sa physionomie d’origine ».

Jean XIII, né Angelo Giuseppe Roncalli en Italie, a été pape de 1958 à 1963. Le Polonais Karol Wojtyla, qui prit le nom de Jean Paul II, fut élu Saint Père de 1978 jusqu’à son décès en 2005. Le « bon pape Jean » est perçu comme étant plutôt progressiste : à peine élu, il lance le concile Vatican II, qui a été à la base de changements majeurs au sein de l’Eglise catholique et de son ouverture sur le monde. A l’opposé, Jean Paul II, bien que très populaire, était plus conservateur. Leur canonisation le même jour est donc interprétée comme une manière, pour François 1er, de réconcilier ces deux courants au sein de l’Eglise catholique.

La procédure pour être inscrit dans le catalogue des saints prend en général un certain temps. Il faut, explique Le Huffington Post, que le « candidat » soit décédé, qu’il ait mené « une vie chrétienne exemplaire » et « accompli au moins deux miracles (…) reconnus par des médecins et des théologiens ».

La canonisation du Polonais Karol Wojtyla, décédé en 2005, n’a pourtant pris que neuf ans. Benoit XVI n’a, en effet, pas attendu les cinq ans requis après sa mort pour lancer la procédure. La canonisation de Jean XXIII, né Angelo Roncalli, a été décidée assez rapidement par le pape François qui, lui, a fait fi du critère des miracles.

Sources : BBC, Le Parisien, Le Huffington Post – Photo principale : Stefano Rellandini/Reuters via Le Figaro