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Trois ans après l’ouverture d’une enquête sur les activités de l’usurier Presram Sookur, né Hurnam, les notaires Vinay Deelchand (photo) et Ahmad Ibrahim Gopee ont été inculpés ce mardi 13 août de blanchiment d’argent sous l’article 3 (2) of the Financial Intelligence and Anti Money Laundering Act (FIAMLA) de 2002 devant le tribunal de Port-Louis. Tous deux avaient été entendus en avril dernier relativement aux activités du «casseur» dont les biens appropriés à autrui avoisine les Rs 50 millions.

La Commission anticorruption avait ouvert cette enquête à l’issue de plaintes de nombreuses personnes contre Presram Sookur. Elles avaient contracté un prêt auprès de ce dernier en mettant en garantie leurs biens. Fort des documents en sa possession, le «casseur» a alors inscrit au nom de ses enfants.

Plus de 25 personnes ont été entendues dans le cadre de cette affaire et elles ont pointé les deux notaires du doigt, notamment pour avoir été invitées à signer des feuilles blanches transformées par la suite en actes de vente, voire en procurations. Les victimes ont déclaré avoir été dupées, les notaires leur ayant fait croire qu’elles signaient des attestations de prêts.

Certaines des victimes ont déclaré que l’usurier s’est présenté à leur domicile, leur disant que leurs maisons placées en garantie étaient désormais la sienne et qu’elles doivent lui verser une location mensuelle. En avril dernier, les deux notaires avaient été interrogés par l’Icac sur le nombre élevé de procurations qu’ils ont traité pour le compte de cet habitant de Vacoas.

Considéré comme l’un des plus gros usuriers de Maurice, Presram Sookur a été arrêté par l’Icac en novembre 2017 pour blanchiment. Il lui a été reproché d’avoir illégalement mis la main sur des biens immobiliers, des bijoux ainsi que des véhicules appartenant à des tierces personnes à qui il a avancé de l’argent.

Le mode opératoire de Presram Sookur est relativement simple : il offre un délai à ses victimes pour le rembourser, mais s’empresse de disposer de leurs biens laissés en garantie à travers une procuration. Au moins sept propriétés immobilières et treize véhicules ont été enregistrés au nom de ses enfants installés en Australie.

Quelque cinq personnes qui avaient sollicité les services de Presram Sookur ont appris de l’Icac qu’ils n’étaient plus propriétaires de leurs biens alors qu’ils étaient toujours en train de le rembourser. Presram Sookur n’est pas un inconnu de la Commission anticorruption. Il y a quelques années, il avait formulé de graves allégations contre un fonctionnaire du ministère du Logement et des Terres, Marie Sydney Caitane.

Presram Sookur avait saisi l’Icac en accusant ce fonctionnaire de s’être servi en fruits de mer valant Rs 3 500 dans son «cold storage» et de lui avoir réclamé un pot-de-vin de Rs 1 500 pour faciliter ses démarches – par procuration – pour le transfert d’un bien de l’Etat loué à bail à une tierce personne au nom de son neveu, Afzal Khan Muslum. Le fonctionnaire a formellement nié les faits et a signalé en Cour intermédiaire que Presram Sookur est un «casseur».

Cet élément n’a pu être établi et Marie Sydney Caitane a été blanchi le 22 septembre 2016 plus particulièrement, comme l’a confirmé l’un de ses supérieurs, parce qu’il n’avait aucun pouvoir pour le transfert de ce bien. L’usurier, lui, a déjà été condamné par le tribunal de district de Curepipe à six mois de prison, assorti d’une amende de Rs 10 000, en 2013 pour escroquerie et détournement de fonds.

Il avait été accusé d’avoir revendu le véhicule d’une de ses victimes bien avant le délai de remboursement. Ce verdict a cependant été cassé en mai 2015 en Cour suprême,  la juge Saheeda Peeroo ayant relevé que l’acte d’accusation était incompatible avec le délit.

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