L’hebdomadaire britannique a voulu remonter le fil de « This is what a feminist looks like ». Un t-shirt dont le slogan prône les droits des femmes mais qui est fabriqué par des femmes sous-payées vivant dans des conditions dégradantes. C’est ce qu’avance le Mail on Sunday dans son édition du jour. Des femmes employées par la Compagnie mauricienne de textile (CMT).

Rs 6 000 par mois pour 45 heures de travail par semaine. Soit environ Rs 30 de l’heure, ou 62 pence sterling. C’est la paie des machinistes étrangers, hommes et femmes, à la Compagnie mauricienne de textile, selon le Mail on Sunday. Ils sont originaires de Bangladesh, du Sri Lanka, d’Inde et du Vietnam. Les dortoirs où, le soir venu, les femmes se reposent après leur journée de labeur, accommodent 16 personnes par chambre, indique l’hebdomadaire.

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Photo : La Une d’aujourd’hui du Mail on Sunday.

Le Mail on Sunday raconte une visite dans l’une des six usines du groupe CMT puis dans un dortoir de même qu’une rencontre avec François Woo, directeur de CMT. « Le gouvernement mauricien a édicté un salaire minimum que nous devons payer et nous respectons les règles », a-t-il déclaré au journaliste.

A titre de comparaison, les t-shirts « This is what a feminist looks like » sont revendus à 45 livres sterling l’unité. Tous les profits sont reversés à l’association The Fawcett Society, qui reçoit le soutien du magazine Elle et du fashion retailer Whistles dans le cadre de cette campagne.

Faizal Ally Beegun, syndicaliste, est cité par le journal en tant que président de l’International Textile, Garment and Leather Workers Union« Les travailleurs de cette usine ne sont pas très bien traités. Que des politiciens en Angleterre s’affichent avec des t-shirts confectionnés dans des conditions effroyables est affligeant », a-t-il déclaré au Mail on Sunday.

En effet, le leader du Labour party Ed Miliband, son adjointe Harriet Harman et le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg (photos ci-dessous) se sont affichés, la semaine dernière, arborant ce t-shirt.

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Des stars comme Benedict Cumberbatch (photo ci-dessous), Joseph Gordon Levitt ou encore Tom Hiddleston se sont aussi associées à cette campagne en faveur des droits des femmes.

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The Fawcett Society indique pour sa part avoir été assuré que ces t-shirts sont produits en respectant des « normes éthiques ». A l’origine, ils devaient être confectionnés au Royaume-Uni. Mais en réceptionnant quelques échantillons, l’association s’est aperçue qu’ils provenaient de Maurice. Whistles lui a alors indiqué que la CMT est « une entreprise de confection dûment contrôlée et socialement responsables qui se plie aux normes éthiques ».

Toutefois, au vu des allégations formulées par le Mail on Sunday, le Dr Eva Neitzert, deputy chief excutive de l’association, indique qu’une enquête sera diligentée. Et que si elles s’avèrent, la ligne de t-shirts sera immédiatement retirée de la vente et une partie des profits reversée à « une organisation œuvrant dans le commerce équitable ».

Même son de cloche du côté de Whistles, qui met en avant l’accréditation Oeko-Tex de la CMT. Le site Web d’Oeko-Tex explique que sa certification Standard 100, à laquelle adhère la CMT, concerne la présence de substances nocives à tous les niveaux de la chaîne de fabrication. « Ces allégations concernant la production de t-shirt par l’usine de CMT à Maurice sont très sérieuses et nous allons enquêter en urgence », a déclaré un porte-parole de Whistles.

Sources : Mail on Sunday, BBC