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Son tambour, sa ravanne, ne contera plus ses histoires qu’il aimait tant partager avec son verbe acéré. Louis Gabriel Joseph, dit Fanfan, s’en est allé. Il avait fêté ses 88 ans le 27 juillet dernier. A l’hospice St Jean de Dieu, où il avait été placé. Lui, l’enfant du Sud.

Le benjamin d’une fratrie de quatre, il voit le jour en 1930. Sa mère décède alors qu’il n’est qu’un nourrisson. Il sera élevé par sa grand-mère maternelle, qui lui donne le surnom de Fanfan. Le malheur s’acharne : Louis-Olivry Joseph, charpentier de marine, décède. Fanfan, atteint de poliomyélite, perd aussi sa grand-mère.

Personne de sa fratrie ne veut le recueillir. Il se tourne vers la mer. Se nourrit de ce qu’il pêche, vend quelques poissons, dort non loin des débarcadères de Mahébourg. Sa vie se rythme au gré des marées. C’est d’ailleurs un vieux pêcheur qui l’embrigadera, au hasard d’une rencontre, dans les sega lakour.

De troisième tambour, Fanfan composera ses chansons, inspirées de son quotidien et de ceux des autres. Il raconte les «koze dimounn», les travers des uns, les malheurs des autres. Toujours une pointe d’humour. Avec, en plus, bien ancrée, la révolte contre l’injustice. Qu’elle soit l’œuvre d’un proche ou d’un patron.

Celui qui a appris à «bat lapo» à 11 ans et qui a formé nombre de musiciens à sa construction avait en aversion les «ti lespri», le communalisme, les plagiaires «ki ramas labav».

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