Le calcul donne le tournis aux uns et suscite la suspicion des autres. L’amendement débattu en ce moment au Parlement prévoit un scénario exceptionnel : que se passe-t-il si un candidat (ou plus) n’ayant pas déclaré son appartenance ethnique est élu aux prochaines élections ?

Dans ce cas de figure, le calcul des sièges de Best Losers serait faussé. En effet, le Best Loser System vise à pallier un éventuel déséquilibre dans la représentation ethnique de l’une des quatre communautés reconnues par la Constitution après l’élection des 62 députés au First Past the Post. Or, comment rééquilibrer quand on ne connaît pas la proportion exacte de toutes les communautés représentées à l’Assemblée nationale ?

C’est l’expert en systèmes électoraux, Rama Sithanen, qui a proposé une formule pour permettre de régler ce problème – qui devrait rester purement théorique. Son raisonnement repose sur les moyennes des candidats élus et des Best Losers choisis depuis les élections de 1976. Celles-ci ont été choisies car elles ont eu lieu après le recencement de 1972 qui est toujours utilisé dans le calcul des sièges à allouer aux Best Losers.

Aux jeux des moyennes, on constate ainsi que depuis 1976, 335 hindous, 140 Population générale, 74 musulmans et 9 sino-mauriciens ont été élus au First Past The Post. Les 62 premiers élus ont ainsi été en moyenne 37 hindous, 16 Population générale, 8 musulmans et un sino-mauricien. Si on applique ce même mode de calcul aux Best Losers, on obtient une moyenne de 4,3 (donc arrondi à 5) Best Losers Population générale, 2 musulmans, 0 sino-mauricien et 0 hindou depuis les élections de 1976. En sachant que dans certains cas, moins de 8 sièges de Best Losers ont été attribués [7 en 2010, seulement 4 et tous de l’opposition en 1982, 1991 et 1995].

Si les prochaines élections générales sont serrées [loin des 57-3 ou 60-0], ce sont donc 8 Best Losers qui devraient être nommés. Et selon les moyennes établies depuis 1976, ces sièges devraient revenir prioritairement à 5 candidats Population générale et 3 musulmans.

De l’aveu même de Rama Sithanen mais aussi de Paul Bérenger, cette formule est loin d’être parfaite mais constitue la solution qui pose le moins de problème dans le cadre d’une application pour une seule élection. En attendant que la loi sur la réforme électorale soit votée et appliquée.

photos BLS