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«Il faut y croire et nous y croyons.» Omnicane confirme que son projet de studio de cinéma, qui doit prendre ses quartiers dans l’ancienne usine sucrière de Mon Trésor, avance à grands pas. Un accord-cadre a été signé en début d’année avec le studio Babelsberg, «l’un des leaders européens», souligne-t-on chez Omnicane. «C’est un beau projet pour le pays», déclare Christophe Pougnet, représentant du groupe.

Le président du conseil d’administration de la Mauritius Film Development Corporation partage son enthousiasme. Arnaud Martin a annoncé la venue du studio Babelsberg pour l’année prochaine à l’issue d’un des ateliers organisés lors de cette édition de la Mauritius Cinema Week (voir vidéo plus bas).

Après le retrait de Pinewood Studios, dont le nom était encore cité en 2016, le partenariat de Mon Trésor avec le plus vieux studio de cinéma du monde a vu le jour par l’entremise d’Andreas Habermeyer, producteur de films à la tête d’Identical Pictures. Egalement partenaire sur le projet d’Omnicane, la société se spécialise dans les services de production cinématographique et pour les séances photos dans l’océan Indien (Maurice, Seychelles, Maldives).

«On boucle le volet financement du projet» qui est «au cœur de notre smart city à Mon Trésor», indique Christophe Pougnet. Des discussions initiées avec «plusieurs investisseurs sur la place» sont à un stade avancé, fait ressortir notre interlocuteur. Cette partie du projet devrait être bouclée d’ici fin décembre. Les démarches administratives pour obtenir les divers permis ont été enclenchées en parallèle. L’énorme chantier pour convertir l’ancienne sucrerie pourrait alors démarrer vers fin mars 2019, voire début avril. L’objectif étant l’ouverture du studio d’ici avril 2020.

Cette première phase s’installant dans ce bâtiment centenaire comprendra cinq studios sur une superficie de 6 000 mètres carrés (m2), des bureaux sur 3 000 m2, de même qu’un espace atelier sur environ 2 000 m2 où construire et monter des décors pour des films tournés à Maurice.

«Une grosse compagnie mauricienne», spécialisée en mécanique, électrique et plomberie, devrait être le premier prestataire à s’y installer avec un personnel comprenant des Mauriciens. Les pourparlers sont en cours.

Certes, le «Film Rebate Scheme» proposé à travers l’Economic Development Board est un dispositif d’incitation avantageux qui couvre la pré-production, la production ou la postproduction d’un film. Celui-ci peut être un long-métrage, animé, un épisode d’une série télé ou l’ensemble de la saison, de type documentaire ou fiction, voire être un clip publicitaire. Les avantages fiscaux fournis tiennent leurs promesses : Rs 2 milliards de dépenses à Maurice en un an depuis octobre 2017. Et une augmentation accrue des projets reçus.

Il manque cependant «certains ingrédients» pour un écosystème complet et viable dès lors que «l’idée est de faire décoller cette industrie» du septième art, explique le représentant d’Omnicane. Outre des infrastructures de qualité de l’envergure que propose la smart city de Mon Trésor, il faut également une main-d’œuvre pointue, souligne Christophe Pougnet.

Les métiers associés à l’industrie audiovisuelle sont divers et le «potentiel énorme», relève notre interlocuteur. Que ce soit pour les artistes, des artisans tels que des menuisiers, des comptables ou encore des avocats et juristes. Le groupe Omnicane s’engagera-t-il également dans la formation ? Christophe Pougnet ne souhaite pas livrer de détails à ce stade. Assurant seulement qu’il y aura «transmission du ‘know-how’» aux locaux.

Il n’empêche que le septième art peut être un levier profitant à d’autres branches de l’économie locale, dont celle des services financiers, s’enthousiasme Christophe Pougnet. Le ministre Nando Bodha l’a déclaré lors de l’ouverture de la Mauritius Cinema Week, axée sur l’aspect business pour cette seconde édition, à La Demeure de St Antoine. Le pays peut aspirer à être plus qu’un centre de tournage, notre centre financier servant de plateforme pour lever des fonds pour des projets qui seront tournés à Maurice ou ailleurs. Les assurances, notamment, seront appelées à proposer des produits correspondant à ce marché, les institutions bancaires des instruments de financement spécialisés, explique le représentant d’Omnicane. Sans compter les hôtels et restaurants qui accueilleront les équipes de tournage… et le rayonnement médiatique pour notre territoire.

En attendant la transformation de l’ancienne sucrerie du Sud, a-t-on déjà une idée de qui en prendra les rênes ? La réflexion est en cours, confie Christophe Pougnet. Qui se bornera seulement à indiquer qu’il s’agira d’un «profil international» dans les premiers temps. Si Maurice veut attirer des projets d’envergure, à l’exemple du long-métrage «Serenity», et avoir du rayonnement, le chef du studio de Mon Trésor devra aussi avoir un carnet d’adresses bien garni, laisse entendre notre interlocuteur. C’est une industrie «très spécialisée», réitère-t-il, où il est notamment question de réseaux, de liens, de contacts.

La réputation du studio Babelsberg y participera également. Fondé en 1912 en Allemagne, il est surnommé «le temple d’or du cinéma muet et de l’expressionnisme allemand». Parmi ses productions les plus connues : «L’ange bleu» (1930) de Josef von Sternberg avec Marlene Dietrich, mais aussi les plus récentes : «Inglourious Basterds» de Quentin Tarantino, «Captain America: Civil War», «The Hunger Games – Mockingjay», «The Grand Budapest Hotel» ou encore les séries télé US «Homeland» et «Berlin Station». Certes, les références du studio allemand sont occidentales, mais Mon Trésor ne dit pas non à Bollywood et au cinéma asiatique. Il compte bien «brasser large». Et se faire une place sous les étoiles.

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