Le rapport de la Commission d’enquête sur les drogues a été transmis par la présidence au chef du gouvernement ce mercredi matin. C’est un document relativement volumineux que l’ex-juge Paul Lam Shang Leen (photo), qui a présidé la Commission, a remis au président par intérim, Barlen Vyapoory, à la State House, à 21h mardi 24 juillet. Il était accompagné de ses deux assesseurs, Sam Lauthan et Ravind Domun. Ils ont fait le déplacement au Réduit car le président par intérim devait prendre l’avion ce matin.

La Commission d’enquête instituée en juillet 2015, une des promesses de campagne de sir Anerood Jugnauth lors des dernières législatives, avait démarré ses travaux quatre mois plus tard. Les débuts ont été poussifs : Paul Lam Shang Leen avait même menacé de tout arrêter car les travailleurs sociaux qui se sont succédé devant lui n’ont pas voulu donner de détails concernant des caïds actifs.

Le chef inspecteur Hector Tuyau, passé de la Brigade antidrogue à la police criminelle, avait alors été embrigadé pour constituer une cellule de renseignements pour réunir des éléments à charge contre des suspects. Notamment grâce au concours du service de renseignements de la prison qui est la cheville ouvrière derrière les saisies de drogue importées par Navind Kistnah et les échanges de communication des caïds avec différents suspects.

317 personnes ont été auditionnées, dont l’adjoint au commissaire de police Choolun Bhojoo. Le patron de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) a avoué que son équipe a des difficultés à détecter des passeurs à l’aéroport de Plaisance et manque d’équipement pour surveiller des suspects.

Une première Commission d’enquête sur les drogues présidée par sir Maurice Rault, toujours à l’initiative de sir Anerood Jugnauth, avait siégée il y a trois décennies. A l’époque, des trafiquants avaient fait leur «coming out» tandis que des intermédiaires avaient fait état des liens entre des caïds et les milieux politiques.